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Biden, lui, ne doute pas des démocraties

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Joe Biden a le mérite de mettre les cartes sur la table. Hier, dans un discours virtuel à la Conférence de Munich sur la sécurité, il a opposé les démocraties aux régimes autoritaires. 

Il s’est demandé lesquels étaient les plus aptes à résoudre les problèmes actuels, de la pandémie de COVID-19 à la quatrième révolution industrielle. Contrairement à Justin Trudeau, qui a avoué son admiration pour le système chinois, Biden n’a aucun doute sur la supériorité des démocraties. Encore faudra-t-il que les démocraties résistent aux coups de boutoir de la Chine ou de la Russie.

1. Combien y a-t-il de démocraties dans le monde ? 

On ne répétera jamais assez que seule une poignée d’États sont de véritables démocraties. En comptant large, tout au plus une cinquantaine de pays sur les 193 qui forment les Nations Unies peuvent revendiquer ce titre. Cette faiblesse numérique permet aux dictatures d’occuper une place de plus en plus considérable dans les organisations internationales. Le péril est accentué par la puissance nouvelle de la Chine et par divers mouvements internes aux démocraties qui fragilisent leurs fondations.

2. Quel est le rôle de la Chine dans l’affaiblissement des démocraties ? 

Le gouvernement chinois mène depuis longtemps un combat contre les démocraties. L’accaparement toujours plus grand des richesses par une minorité dans plusieurs démocraties et les conséquences catastrophiques de cet accaparement sur le niveau de vie permettent à la Chine de se proposer en modèle alternatif aux démocraties. L’échange est simple : vous serez privés de libertés individuelles fondamentales, mais vous serez soignés et vous aurez du pain sur la table. Sauf que ce n’est pas la première fois que les démocraties se trouvent devant ce choix. Les États-Unis des années 30 y avaient fait face. Comme par hasard, une minorité de personnes avait accaparé les richesses du pays pendant les décennies précédentes. Exactement comme de nos jours. La solution a été le New Deal, qui a très bien fonctionné.

3. Quelles sont les forces intérieures qui affaiblissent les démocraties ? 

Comme à l’époque du New Deal, diverses forces intérieures, avec les meilleures intentions du monde, fragilisent les démocraties. Ces forces ont un point commun : elles paralysent les élus ou leur ôtent le pouvoir de décider. Les élections proportionnelles, les mouvements de protection intense des minorités, les chartes qui mènent à des gouvernements des juges ou encore les traités qui empêchent les réglementations économiques, pour ne prendre que ces exemples, sont tous nocifs pour les démocraties. 

4. Pourquoi les démocraties sont-elles supérieures aux autres régimes politiques ? 

Les démocraties laissent les citoyens libres de se débarrasser de leurs élus quand ils ne font plus l’affaire. Ce n’est pas le cas en Chine ou en Russie, où une minorité de dirigeants accaparent le pouvoir sans tolérer la moindre critique contre eux. Mais, surtout, les démocraties permettent à leurs citoyens de vivre, de s’épanouir et de créer sans être paralysés par la terreur de déplaire aux dirigeants et d’être pour cela jetés en prison ou assassinés.

5. Les démocraties vont-elles l’emporter ?  

Ce n’est pas certain. Les États-Unis, vaisseau amiral des démocraties, sont mal en point. Le retour de Donald Trump au pouvoir signerait l’affaiblissement quasi irréversible des démocraties partout dans le monde. Mais il faut faire confiance à la démocratie. Aux États-Unis comme ailleurs, la majorité de la population est contre les fondamentalistes et en faveur d’une meilleure redistribution de la richesse. Encore faut-il laisser cette majorité gouverner.