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Faire son coming out

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On pourrait croire qu’en 2021, certaines situations seraient plus faciles à vivre qu’auparavant. Si plusieurs personnes parviennent à vivre telles qu’elles sont réellement, de nombreuses autres souffrent encore énormément de devoir non seulement porter un masque, mais également de vivre dans l’ombre d’une vie. Si dévoiler son orientation sexuelle se veut une démarche personnelle, les impacts relationnels sont parfois majeurs. Voici donc quelques pistes, autant pour dire, que recevoir la nouvelle.

Faire la grande annonce

Puisque souvent beaucoup d’angoisse est reliée au fait de vivre son coming out, il peut parfois sembler difficile d’envisager une sortie du placard sereine et bienveillante.  

Entre l’envie de le dire et être prêt.e à entendre ceux et celles qui le reçoivent, il y a parfois tout un monde. 

Nathalie l’a appris à ses dépens : « J’avais 19 ans. Je me croyais prête parce que je vivais dans une famille où la chicane n’existait pas et où, pour se faire comprendre, on discutait. Ma sœur la plus vieille n’a jamais émis de réserve quant au fait de parler à mes parents et je croyais que le chemin était pavé. C’est sans doute la plus grave erreur que j’ai commise ! Lors d’un souper en famille (nous n’étions que nous quatre à la table), j’ai dit, de but en blanc, que je venais de commencer à sortir avec la fille la plus merveilleuse que j’avais jamais connue. Mes parents m’ont regardée, hébétés, et ma mère est sortie de table, suivie de mon père. Ma sœur m’a demandé ce qui m’avait pris de dire ça, que si je voulais faire mourir mes parents pour hériter de leur fortune, que c’était bien réussi. Plusieurs jours se sont écoulés avant qu’on s’adresse de nouveau la parole, j’ai tellement manqué d’air ces jours-là, c’était horrible. Je m’en rappellerai toute ma vie. On a ensuite eu une réunion de famille, visiblement ils s’étaient concertés sans moi, et ils m’ont dit qu’ils acceptaient ce que je vivais, mais que j’aurais dû le dire autrement, que j’aurais dû en parler avant. Ça a beaucoup tourné autour d’eux, très peu autour de mes sentiments et de mon vécu à moi. Quelque chose s’est brisé à ce moment-là. Je sais qu’ils m’aiment et que je les aime, mais ce n’est plus pareil. »

Recevoir la nouvelle

Certaines personnes le vivent graduellement, c’est-à-dire en parle avec parcimonie à des gens en qui ils ou elles ont confiance et qui ne les jugeront pas, tandis que d’autres se lancent un 24 décembre devant la famille entière réunie autour du sapin. Puisque le coming out est une étape importante dans l’acceptation de soi, seule la personne qui dévoile son orientation peut savoir quel est le meilleur moment pour elle de le faire. Une fois ce sentiment installé, la personne peut alors voir à qui elle souhaite l’exprimer.  

Pour que tout se passe au mieux, veillez à rester en phase avec vous-même afin de l’annoncer au moment qui convient le mieux. Ainsi vous saurez juger quelles seront les personnes bienveillantes et respectueuses à qui l’annoncer.

Quant à ceux qui reçoivent la nouvelle, il est important d’être accueillant et de se sentir privilégié par cette marque ultime de confiance. Cependant, vous avez le droit d’être ébranlé.e ou de vivre toute autre émotion, mais veillez à exprimer votre désir d’acceptation et d’adaptation. 

Quoi qu’il en soit, le coming out peut provoquer diverses réactions, certaines positives, d’autres moins. Il est donc essentiel d’aller chercher de l’aide au besoin, de parler à des pairs et surtout, surtout, de continuer à croire en soi et à s’affirmer.

Quelques ressources :