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«Le jeu des lumières»: virage pop pour Pierre-Hervé Goulet

Quebec
Photo Agence QMI, Stevens Leblanc Pierre-Hervé Goulet

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Il n’a pas fait table rase, mais pas loin. Pour son troisième album, Le jeu des lumières, Pierre-Hervé Goulet a opté pour le changement. Aux oubliettes l’artiste-chansonnier, le Beauceron troubadour à la guitare folk a décidé d’embrasser la pop en s’inspirant de Billie Eilish et Justin Bieber.

Pour opérer cette transition vers un style musical qui permettra, souhaite-t-il, que plus d’oreilles portent attention à des textes qu’il fignole avec grand soin, il a fait équipe pour la première fois avec un réalisateur – voilà un autre changement -, Marc Chartrain (Daniel Bélanger, Patrice Michaud).

L’objectif : rendre sa musique plus accessible.

Pour y arriver, il a fait ses recherches.

« J’ai écouté Billie Eilish, Justin Bieber à la limite, et j’ai trouvé ça bon. C’est bien fait, bien réalisé. Je voulais comprendre la mécanique des accroches, pourquoi ça devient très léger. »

Les traces de Dumas

Au revoir les clins d’œil à l’idole George Brassens, bonjour Bieber.

Précisons quand même que si Pierre-Hervé Goulet a orienté sa recherche vers la pop américaine, les influences de ses nouvelles chansons sont d’abord et avant tout québécoises.

Quand il chante Bonnie, on retrouve les similitudes avec la voix de Daniel Bélanger observées sur ses albums précédents. Auxquelles on ajoute l’utilisation des synthétiseurs et le chant d’un Dumas, notables sur des titres comme Les oiseaux du matin et Peut-être.

« L’exploration de la voix a été un de mes trips pendant l’enregistrement. Le fait de chanter plus bas, comme dans Les oiseaux du matin, ça peut effectivement rapprocher de Dumas. Il y avait aussi toute une recherche de textures qui est inédite pour moi. Marc et moi avons essayé des affaires. Par exemple, au début, Les oiseaux du matin était super acoustique, pratiquement guitare-voix. Finalement, c’est devenu un truc avec des synthétiseurs. »

Les cordes, pour l’épique

Pendant cette recherche de textures, le duo Chartrain-Goulet a cogné à la porte d’Antoine Gratton, le spécialiste des arrangements de cordes au Québec.

Autre nouveauté donc, violon, violoncelle et alto propulsent quatre pièces dans une nouvelle dimension, dont la nostalgique Amour punk rock, qui relate un amour de jeunesse vécu au son de la musique de Blink-182.

« Dès le début, je voyais des cordes pour cette chanson. Comme un genre de western-spaghetti, une chanson épique de cowboy sur son cheval », explique-t-il.

Album de changements

À plusieurs niveaux, Le jeu des lumières marque donc un tournant pour Pierre-Hervé Goulet.

« C’est l’album du changement. C’est dans cet état d’esprit que je l’ai écrit. Toutes les chansons sont liées à ça, même le titre de l’album. »

Dans les notes de la pochette, l’auteur-compositeur-interprète cite le peintre-poète William Blake, qui disait que « celui qui ne change jamais d’idée est comme l’eau stagnante, il enfante les reptiles de l’esprit ».

Pierre-Hervé Goulet s’est reconnu.

« J’ai éliminé beaucoup de choses dans ma conception de la vie, amoureuse et professionnelle. Beaucoup de vieilles idées avaient pourri dans ma tête. J’ai décidé de tourner la page et d’effacer ça parce que je voyais que ça ne me faisait plus avancer. »


Le jeu des lumières, disponible le 19 février.