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Un DG prudent, mais ambitieux

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Photo d'archives, AFP Shea Weber est-il aussi efficace qu’on l’avait prévu en début de saison ?

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Revenons au dernier point de presse de Marc Bergevin, tenu lundi dernier. On doit retenir un commentaire qui résume bien toute la situation. « Il faut maintenant être très prudent. Le plafond salarial demeurera au beau fixe pendant deux saisons, peut-être trois. Et, au fil des prochaines années, nous aurons à négocier de nouvelles ententes avec KK (Jesperi Kotkaniemi), Nick Suzuki et Alexander Romanov. »

Ça laisse supposer que les joueurs du Canadien qui en sont à la dernière année de leur contrat doivent prouver que leurs demandes salariales sont justifiées.

Et Bergevin a même laissé un message clair : « Nous nous attendons à de meilleurs résultats de la part de Phillip Danault et de Tomas Tatar. »

On ne reviendra pas sur le dossier de Danault parce qu’il a créé lui-même la situation dans laquelle il se retrouve. On lui a proposé une offre très généreuse dans la conjoncture économique, il a dit non.

Tatar aura du mal à demeurer avec le Canadien. Après tout, il a démontré récemment pourquoi Gerard Gallant, lorsqu’il dirigeait les Golden Knights de Vegas, l’a utilisé sporadiquement malgré le prix astronomique payé par George McPhee, alors directeur général de la formation du Nevada, pour l’acquérir.

Tatar démontre de belles qualités dans la zone offensive, mais ça se complique par la suite Bergevin a fait les premiers pas.  

Aux deux joueurs de présenter des arguments en béton parce que le plafond salarial compliquera le débat, considérant que trois jeunes joueurs hautement évalués par les décideurs du Canadien solliciteront des augmentations importantes.

Marathon exigeant

Ce qui nous intéresse maintenant, c’est la réaction de Bergevin dans les moments stratégiques, alors que le Canadien embarque, à partir de ce soir, dans un marathon de 41 matchs en 78 jours. Et la compétition s’annonce éreintante, qu’il suffise de jeter un rapide coup d’œil sur le classement des équipes de la division Nord, ou si vous préférez la division canadienne.

Bergevin soutient posséder les effectifs pour affronter l’adversité. Le premier quart de la saison laisse toutefois des interrogations.

  • Shea Weber est-il aussi efficace qu’on l’avait prévu en début de saison ? Par conséquent, la brigade défensive a-t-elle besoin de renfort ?
  • Carey Price a-t-il été à la hauteur des attentes ? Devrait-on l’utiliser plus souvent ? On aura sûrement l’occasion de le faire au cours des prochaines semaines.
  • À l’attaque, Bergevin a fait connaître une partie de son évaluation, mais n’est-il pas inquiet de la tenue de KK ? Son trio est en panne sèche et le Canadien a besoin de trois lignes d’attaque capables de créer des soucis chez l’adversaire. Josh Anderson et Tyler Toffoli ont marqué 19 buts jusqu’ici. Et les autres ?  

Un lapin de son chapeau ?

Bergevin pourra-t-il sortir un lapin de son chapeau avant la date limite des transactions, le 12 avril ?

Il restera alors moins d’un mois avant la fin du calendrier régulier. Habituellement, un directeur général s’en remet à trois options.

  • Il effectue une vente de feu puisque son organisation va rater le rendez-vous du printemps alors que c’était l’objectif fixé en début de saison.
  • Il tente d’acquérir un patineur pouvant aider la formation dans la dernière étape de la saison alors que la compétition est à son plus haut niveau.
  • Il s’assure de pouvoir trouver sur le marché un joueur avec les aptitudes pour améliorer les chances de l’équipe d’atteindre le podium.

À première vue, les deux dernières options sont celles qu’envisage Bergevin parce que le Canadien sera dans le coup jusqu’à la toute fin. Il se réjouit de tous les changements apportés aux effectifs, les résultats sont encourageants et il est permis d’envisager, malgré un calendrier exigeant et des décisions importantes au sujet de l’utilisation des effectifs, que le Canadien s’imposera comme l’une des meilleures formations de la division canadienne.

Bergevin prône la patience, mais c’est aussi un directeur général ambitieux. Il l’a confirmé au cours des derniers mois. 

Un chandail qui fait rêver 

L’Avalanche du Colorado arborera le chandail des Nordiques au cours du week-end, dans le cadre d’un grand événement de la Ligue nationale. Colorado affrontera ses grands rivaux de la division Ouest, les Golden Knights de Vegas.

L’uniforme est le même qu’il y a 25 ans à part quelques retouches, notamment la couleur dominante de l’Avalanche, mais il reste tout de même que l’on aura l’occasion de rêver à cette rivalité de jadis entre le Canadien et les Nordiques. Joe Sakic n’a pas oublié son passage à Québec et il tenait à ce que le troisième chandail de son équipe ramène l’organisation à ses origines.

Matthews partout

Toronto s’emballe. Auston Matthews gagnera-t-il le trophée Maurice-Richard ?

Marquera-t-il 50 buts en 50 matchs ?

Sera-t-il le récipiendaire du trophée Hart, remis au joueur le plus utile à son équipe ?

Peut-il gagner le trophée Selke maintenant qu’il écoule le temps en infériorité numérique et qu’on lui confie des missions défensives ?

On peut comprendre les partisans des Maple Leafs. Matthews leur en met plein la vue depuis le début de la saison. À ne pas oublier, Mitch Marner, qui lui aussi se démarque par sa ténacité, sa créativité et sa polyvalence.

Les deux joueurs affrontent le Canadien ce soir.

Lafrenière : difficile

Bon, on est tous d’accord : Alexis Lafrenière ne connaît pas le début de carrière qu’on anticipait. Mais il ne faut pas désespérer. Joe Thornton avait connu des débuts plutôt modestes. Vincent Lecavalier également.

Par contre, David Quinn, l’entraîneur des Rangers de New York, pourrait fournir à son jeune joueur l’opportunité d’évoluer dans des situations particulières, notamment en prolongation. N’a-t-il pas marqué son unique but alors que les Rangers et les Sabres évoluaient à trois contre trois ?

Les Rangers ont battu les Flyers jeudi soir, match qui a nécessité des tirs de barrage. Lafrenière n’a fait aucune présence sur la patinoire en prolongation.