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Accès difficile à internet : la gymnastique du télétravail pour un couple avec une faible connexion

Accès difficile à internet : la gymnastique du télétravail pour un couple avec une faible connexion
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Même s’il habite la ville de Saguenay, dans le secteur Shipshaw, un couple en télétravail a une si mauvaise connexion internet qu’il doit éviter de participer à des réunions en même temps.

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« Et quand on écoute un film, il faut que tous les autres appareils de la maison soient fermés », explique Erica Simard, qui travaille dans le domaine de la construction. 

Excédée, elle a lancé une pétition afin de faire bouger les choses, puisque rien ne change même si elle appelle régulièrement son fournisseur internet pour lui faire part de ses doléances, dit-elle.

Comme le sien, des dizaines de foyers du secteur Shipshaw n’ont toujours pas accès à internet haute vitesse, pourtant nécessaire en ces temps de télétravail. 

Partager la facture?

Mme Simard a fait faire des estimations auprès de grands fournisseurs de service. 

Pour avoir accès à la haute vitesse, la soixantaine de foyers du voisinage devraient se partager la facture de l’installation, évaluée de 50 000 $ à 90 000 $. 

Puis, en plus du coût de leur abonnement, ils devraient tous se cotiser pour payer l’entretien de la technologie, qui reviendrait à 700 $ par mois à partager entre les voisins, a-t-on expliqué à Mme Simard. 

« Je ne vois pas pourquoi on paierait ça quand les gens au centre-ville n’ont pas eu à le faire. Juste au bout de la route, à 3 km de chez nous, ils ont aussi internet haute vitesse », a poursuivi la jeune maman, qui est tombée en amour avec le secteur il y a quatre ans. 

Or, quand elle a emménagé près du lac Surprise, un secteur en plein développement, elle ne se doutait pas qu’elle allait se retrouver dans une telle situation. 

« Si on était dans le bois, dans le fond du Lac-Saint-Jean, mais là, on n’est même pas à 30 minutes du centre-ville de Jonquière », a illustré Erica Simard, qui paie 70 $ par mois pour un forfait de 5 mégabits. 

Certains de ses voisins vont jusqu’à payer des centaines de dollars pour internet par satellite, qui n’offre pas non plus une qualité optimale. 

La Covid empire la situation

Si plusieurs s’en accommodaient tout de même jusqu’ici, la pandémie les a rendus plus impatients. 

« On sait que le télétravail va probablement rester, même après la pandémie. Mais malheureusement, je ne suis pas aussi efficace que mes collègues avec mon réseau. Télécharger un fichier peut me prendre une demi-heure », a illustré Erica Simard.

Elle a fait suivre sa pétition jusqu’au bureau du premier ministre du Québec, François Legault.