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Accès difficile à internet : la haute vitesse devant son commerce, mais pas pour lui

Le branchement du Magasin général Le Brun à Maskinongé accuse du retard, au grand dam de son proprio

Accès difficile à internet : la haute vitesse devant son commerce, mais pas pour lui
AMÉLIE ST-YVES/AGENCE QMI

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Un entrepreneur de la Mauricie est limité dans ses projets de développement parce que son internet est trop lent, tandis qu’il voit la fibre optique pendre depuis des lustres sur le poteau installé directement devant son commerce.

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« Ça doit faire quatre ans que c’est là... mais on n’y a pas accès. Donc, j’ai internet haute vitesse dans mon poteau, mais pas dans mon magasin », plaisante Richard Vienneau, copropriétaire du Magasin général Le Brun, à Maskinongé. 

Le branchement de son commerce accuse du retard pour une question de gestion de poteaux.  

D’ici là, le bon vivant fait souvent des blagues sur le charisme de la bâtisse plus que centenaire dotée d’un internet digne d’une autre époque ! 

Le bâtiment abrite aujourd’hui un dépanneur à l’ancienne, un petit musée et une salle de spectacle.

M. Vienneau aurait souhaité y installer un café internet, mais dans ces conditions, l’idée n’est pas réalisable. 

« Je n’ai tellement pas confiance que je n’ose pas donner le code Wi-Fi aux gens. J’ai peur que le paiement direct [à la caisse] arrête. C’est trop incertain », explique-t-il. 

Avec sa conjointe, Isabelle Thibeault, l’autre copropriétaire, ils ont ouvert en 2016 un second magasin au centre-ville de Trois-Rivières. La piètre connexion à Maskinongé les empêche cependant de garder le même système de comptabilité. 

« C’est impossible, dit Richard Vienneau. Je serais à Trois-Rivières, et il y aurait un risque que je ne puisse plus facturer. On est mieux de marcher avec deux comptabilités différentes. » 

De retard en retard

Les problèmes de connexion à internet sont d’une telle ampleur dans la région que l’organisme Maskicom a été créé par les instances municipales locales en 2015 pour s’assurer que les endroits délaissés par les grands fournisseurs puissent être branchés. 

Dans son cas, M. Vienneau doit attendre que Maskicom finisse le travail pour être branché. Sauf que dans ce cas précis, un autre obstacle entraîne du retard. 

« On ne peut pas continuer puisqu’il y a une embûche. On attend d’avoir la permission de passer », explique le président de Maskicom et préfet de la MRC, Robert Lalonde, soulignant que c’est Bell qui distribue les permis pour installer des fils sur les poteaux, et qu’un permis sur un poteau adjacent se fait attendre. 

Des travaux doivent être faits par Bell avant que Maskicom obtienne la permission de procéder au branchement du commerce de M. Vienneau, a-t-il ajouté. 

Risques de dévitalisation 

À notre époque, ne pas avoir internet haute vitesse est un frein majeur au développement économique, selon la directrice générale de la Chambre de commerce et d’industrie de la MRC de Maskinongé, Geneviève Scott Lafontaine. 

Elle illustre son propos en soutenant que les municipalités dévitalisées sont souvent celles où il manque ce service-là. 

Selon elle, la faible densité de population ainsi que le relief font en sorte que ce secteur de la Mauricie n’est pas attrayant pour les entreprises de télécommunications.