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Accès difficile à internet : une enseignante au volant à la recherche d’une connexion

Accès difficile à internet : une enseignante au volant à la recherche d’une connexion

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Une enseignante de cégep a pu continuer à enseigner à distance au printemps dernier en se promenant en voiture dans les Laurentides à la recherche d’un bon signal sur son cellulaire.

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Quand la pandémie a frappé au printemps, Élaine Frigon a dû faire preuve d’ingéniosité pour continuer à enseigner.

Professeure d’arts plastiques au cégep du Vieux-Montréal, sa résidence principale est située à Saint-Adolphe--d’Howard, dans les Laurentides, à 100 km de la métropole. 

« J’ai aussi un appartement à Montréal, mais je suis les recommandations de la santé publique et je ne me promène pas de région en région », explique-t-elle. 

Dès le mois de mars, les problèmes liés à la connexion internet ont commencé. Au début, elle a utilisé son téléphone cellulaire afin de se connecter. 

« Ça avait sa limite, ça ne fonctionnait qu’à l’extérieur de la maison et c’était très instable », relate-t-elle. 

Sa solution ? « Me promener avec le téléphone, dans mon auto, et trouver le meilleur signal. Je mettais l’ordinateur à côté de moi et je téléchargeais les travaux des élèves. »

Pour les cours, elle a développé d’autres stratégies. 

« C’est quand même des élèves du collégial, je peux leur envoyer des vidéos, ils vont les voir, on se reconnecte, on en parle. Pour enseigner, il faut de l’imagination. »

Instabilité

À l’automne, elle s’est branchée avec la seule entreprise qui offre le service chez elle, un fournisseur par satellite. 

« Je suis créative pour arriver à travailler, mais j’investis aussi. C’est quand même 120 $ par mois pour la connexion », dit-elle. 

Comme sa maison est dans les montagnes de Saint-Adolphe-d’Howard, la connexion est tout de même instable. Pas de problème pour recevoir les données, mais pour les envoyer, c’est une autre histoire. 

« Le signal n’est pas suffisamment fort pour émettre, ma voix est saccadée, par exemple. »

Quoi qu’il en soit, elle se trouve assez chanceuse. « Ma coupole arrive à capter les signaux, mais, deux voisins plus loin ce n’est pas possible », illustre-t-elle. 

Mme Frigon insiste pour souligner que les gens de Saint-Adolphe sont « créatifs ». 

« Ceux qui ne vivent pas hors de la ville ne s’imaginent pas ce que ça peut représenter », lance-t-elle. 

Cher payé pour faire l’école à la maison  

Une mère de Saint-Adolphe-d’Howard a dû payer des factures de plus de 300 $ pour que sa fille puisse faire l’école à la maison au printemps dernier. 

Karine Turcotte est découragée de la piètre connexion à internet de sa famille. 

Cette employée du CISSS des Laurentides et mère de famille a peu d’options. Elle fait affaire avec Bell.  

Mme Turcotte a une fille qui étudie au secondaire et qui fréquente l’école privée. 

Dès le début de la pandémie, à la fin mars, l’école à la maison a débuté, et les coûts de son service internet ont explosé en raison de la hausse de son utilisation.

« Tout était super organisé. Mais faire des vidéos, envoyer des vidéos, accueillir tout ce que les profs envoient, ça prend beaucoup de données. J’ai eu des factures de 300 $, 350 $, 400 $ pour l’internet. »

Et impossible pour elle de travailler de la maison en même temps. 

« Mon employeur me demandait de privilégier le télétravail le plus possible, mais la connexion surchargeait trop. »

Le plus déplorable, selon elle, c’est que le prix du forfait est très variable dans son secteur.