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La retraite plutôt qu’une radiation pour une dentiste

Des traitements hors norme et de faux honoraires lui sont reprochés

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Photo courtoisie La dentiste Caroline Tabi cessera de pratiquer six mois après avoir plaidé coupable à 50 manquements devant le conseil de discipline de son ordre professionnel.

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Une dentiste de Laval qui a commis plus d’une cinquantaine d’infractions à son code de déontologie n’a pas été radiée par son ordre professionnel, s’engageant plutôt à prendre sa retraite... dans quatre mois. 

Des traitements contraires aux normes scientifiques, des honoraires trompeurs et l’exercice illégal de la médecine dentaire font partie des graves manquements reprochés à la dentiste Caroline Tabi, du Centre dentaire Smiile à Laval.

Mais plutôt que d’être radiée provisoirement pour protéger le public, la Dre Tabi a consenti à limiter sa pratique aux examens, rendez-vous de contrôle et traitements orthodontiques déjà en cours.

Elle cessera complètement d’être dentiste le 31 mai prochain, soit des mois après avoir reconnu des faits inquiétants. 

La volumineuse plainte du syndic de l’Ordre des dentistes du Québec (ODQ) concerne un total de 33 patients, sur une période s’échelonnant de 2009 à 2019.

La décision rendue par le conseil de discipline de l’ODQ, le 5 janvier dernier, reste cependant avare de détails sur la longue liste de faits reprochés à la dentiste. En enregistrant d’emblée un plaidoyer de culpabilité, la Dre Tabi a évité de voir étayer la preuve amassée par le bureau du syndic.

Frais en trop

Au moins 22 patients de la Dre Tabi se sont vus facturer « des honoraires pour un acte professionnel non dispensé ou faussement décrit ». 

La plupart de ces montants payés en trop par les clients concernent des plombages, mais aussi des curetages des gencives, des examens et radiographies. La somme de ces frais n’est cependant pas précisée.

Du même coup, la dentiste s’est fait reprocher ses publicités Facebook qui vantaient des « prix exceptionnels alors que le prix régulier pour les services offerts n’était pas indiqué ».

Exercice illégal

Une autre entorse commise par la dentiste Tabi est d’avoir « contribué à l’exercice illégal de la médecine dentaire » en laissant des employés, qui ne sont pas dentistes, entreprendre des traitements réservés à ces professionnels.

Par exemple, la Dre Tabi a laissé plusieurs fois quelqu’un d’autre faire à sa place des prises d’empreintes dans la bouche des patients, des réductions de la taille de dents ou des ajustements de gouttières en plastique.

La dentiste a aussi procédé à divers traitements « sans avoir une connaissance suffisante des faits » et « de façon contraire aux normes scientifiques ».

Enquête complexe

Le syndic de l’ODQ, Dr Mario Mailhot, confirme qu’une radiation provisoire a été envisagée dans ce cas-ci, mais il a finalement été décidé autrement.

Le Dr Mailhot fait d’abord valoir que plusieurs des manquements datent de nombreuses années et il soutient que ces radiations sont habituellement obtenues « en lien avec la dangerosité des soins ».

Même si un patient est brimé par de faux honoraires, il n’y a pas de danger immédiat, dit-il.

Pour lui, la protection du public est assurée lorsque la dentiste s’engage à cesser sa pratique, même avec un délai, plutôt que « de s’engager dans un débat juridique ».

Le Dr Mailhot souligne qu’il s’agissait d’une enquête complexe, étalée sur plusieurs années.