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Le règne de la confusion

Point de presse Santé publique
Photo courtoisie, Émilie Nadeau Dr Horacio Arruda et le premier ministre François Legault en point de presse, le 9 février dernier, à Québec

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École, boulot, activités extérieures, cinéma, restaurant. La vie en pandémie est réduite à des cases, des permissions consenties, puis retirées.

Une valse entre la répression et la permission, entre les règles et le libre arbitre.

La publication des avis de la Santé publique sur les règles sanitaires a révélé à quel point deux visions semblent s’affronter au sein de la cellule de crise du gouvernement.

On a tous compris, François Legault est plus strict que le Dr Horacio Arruda. 

La cohésion du tandem sur lequel comptent les Québécois est ainsi publiquement remise en cause. 

François Legault nous a-t-il sauvé du laxisme « arrudien » qui nous menait vers la catastrophe ? Ou a-t-il cédé au dogmatisme du confinement ?

La question mérite d’être explorée.

La main de fer

L’ascendant du premier ministre est tel, qu’il est tentant de conclure que le resserrement constant des mesures sanitaires depuis l’automne fut le bon choix.

D’ailleurs, l’insouciance avec laquelle le Dr Arruda a accueilli les projections alarmantes de la Santé publique fédérale vendredi, quant au risque d’une troisième vague fulgurante, a de quoi inquiéter.

Ses hésitations sur le masque, les tests rapides, la ventilation, le délai dans le dépistage des variants laissent perplexe. 

D’ailleurs, pourquoi le Québec semble-t-il toujours deux pas en retard ?

Le Dr Horacio Arruda est-il toujours l’homme de la situation ?

Qui sont les hommes et les femmes derrière nos politiciens? Emmanuelle présente... un balado animé par Emmanuelle Latraverse.

Le gant de velours

À l’inverse, les recommandations moins rigides qu’a soumises la Santé publique au gouvernement Legault méritent réflexion.

Est-ce que les Québécois auraient été plus disciplinés dans le respect des mesures sanitaires si la ligne dure à laquelle nous sommes soumis ne s’était pas éternisée ?

À ce chapitre, la Colombie-Britannique sert d’exemple. 

Variants, flambée des cas, la trajectoire de la pandémie a été la même qu’au Québec, sauf que l’ampleur des dommages est bien moindre.

On y compte proportionnellement quatre fois moins de morts, deux fois moins d’hospitalisations. Les restaurants sont ouverts, le couvre-feu évité ; une normalité s’est installée.

Alors qui a raison ? François Legault et sa ligne dure ou le Dr Arruda et sa responsabilisation des citoyens ? 

Je l’ignore. Ce n’est peut-être ni l’un ni l’autre. Après tout, ces avis de la Santé publique ne nous offrent qu’un portrait bien partiel de la gestion de crise depuis 11 mois.

Une chose est certaine, si certains applaudiront cet exercice de transparence, il a un prix très élevé.

Le doute est semé, la confiance ébranlée.