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Les intérêts de la CAQ

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En serait-on revenu à une époque où chaque comté gagné recevait son bout de route au Québec? S’il faut en croire le premier ministre Legault et si on se fie aux agissements de la CAQ dans le tramway de Québec, on peut le croire.

«Bien, écoutez, d’abord, moi, je viens de Montréal, ça fait que je ne me lancerai pas (là-dedans)», a dit le premier ministre pour expliquer quels secteurs il voulait mieux desservir avec son nouveau tracé pour le tramway de Québec.  

Puis il a référé à François Bonnardel, ministre des Transports, qui n’est pas originaire de Québec non plus. Espérons que ça n’est pas un critère, sinon on est mal pris. 

Cette réponse fait ressortir un problème fondamental. Le gouvernement ne souhaite pas de changement au tracé du tramway pour des raisons scientifiques, mais plutôt politiques. Il veut répondre à sa clientèle. 

Un vote, un projet 

C’est d’ailleurs ce qu’a confirmé à TVA Nouvelles la ministre responsable de la région, Geneviève Guilbault. 

À la question de savoir quel était le message pour mieux desservir les banlieues, Mme Guilbault a répondu que «l’entièreté de la périphérie est représentée par des députés de la CAQ. On est neuf à Québec, alors c’est tout à fait normal et même souhaitable qu’on veille concrètement à ce que les intérêts des citoyens des banlieues soient défendus et soient portés.» 

En serait-on revenu là? Un vote, un projet? Peu importe la science et le travail effectué pour le tramway et son réseau par des spécialistes? Peu importe qu’un gouvernement doive représenter les intérêts de tous les citoyens? 

Inquiétudes 

Plusieurs intervenants dans le dossier s’inquiètent. Des experts aussi.  

Marie-Hélène Vandersmissen, directrice du Département de géographie à l’Université Laval, a déploré l’ingérence du gouvernement, qui «nous ramène à des décennies passées : quand des routes se construisaient en échange de votes! C’est pathétique qu’on en soit encore là en 2021.»