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Néophobie alimentaire démystifiée

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La majorité des enfants vont traverser une période où l’alimentation est plus difficile. Si elle se manifeste souvent vers l’âge de deux ans, elle peut survenir beaucoup plus tard. Le point sur la néophobie alimentaire !  

Enfant difficile ou souffrant de néophobie alimentaire ? 

La néophobie alimentaire et le concept des enfants « difficiles » sont bien souvent confondus. La néophobie alimentaire est définie comme une peur de goûter à de nouveaux aliments ou des aliments connus, mais présentés de façons différentes au point où ils ne ressemblent plus aux aliments déjà essayés. 

Ce phénomène fait partie des troubles de l’alimentation sélective et/ou d’évitement du DSM-5 (Manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux). La néophobie alimentaire peut se manifester de plusieurs façons chez l’enfant : grimace, triage des aliments mélangés, détournement de la tête, écartement de l’assiette...

L’attitude capricieuse ou difficile de certains enfants envers la nourriture est différente puisqu’elle va se manifester avec des aliments nouveaux, mais également avec des aliments déjà connus et acceptés. Donc, la variété d’aliments acceptés est diminuée, mais, en plus, la quantité consommée par l’enfant sera réduite. 

Origine de la néophobie alimentaire 

Plusieurs facteurs interviennent dans le déclenchement de la néophobie alimentaire. Certains experts prétendent que la néophobie alimentaire pourrait être une condition déterminée par la génétique. En effet, des études rapportent que les mères ayant vécu de la néophobie alimentaire intense étaient associées à une plus grande néophobie chez leurs enfants. Cependant, d’autres recherches sont nécessaires pour confirmer que les gènes soient impliqués dans ce phénomène.

L’allaitement maternel pourrait également jouer un rôle dans la néophobie alimentaire, selon certaines études. Lors de la consommation de lait maternel, l’enfant est exposé à plusieurs goûts selon ce que la mère consomme durant la journée. Cela pourrait alors contribuer à une acceptation plus grande de nouveaux aliments lorsque l’enfant sera en âge de consommer des aliments solides. 

Quoi faire lorsque notre enfant est néophobe ? 

La néophobie alimentaire se manifeste souvent vers l’âge de 18 à 24 mois, période où il y a recherche d’autonomie et d’affirmation de soi. Comme parent, en accompagnant positivement son enfant, cette période passera beaucoup plus vite.

Quelques conseils aux parents : 

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  • Présenter plusieurs fois un aliment même si l’enfant ne l’accepte pas la première fois. Parfois, de 15 à 20 expositions à un aliment sont nécessaires avant que l’enfant y goûte. 
  • Diversifier les façons de présenter les aliments que l’enfant aime moins ou pas du tout. Le but est de l’exposer sans pression, ni positive ni négative. 
  • Montrer l’exemple en consommant le nouvel aliment avec enthousiasme. Les enfants apprennent en observant et en imitant leur entourage. Ils seront donc plus enclins à essayer les aliments. 
  • Favoriser une exposition positive aux aliments. Un enfant qui joue avec un aliment, le touche ou le sent, même s’il ne le consomme pas durant l’activité, développera sa curiosité. Cela pourrait faciliter l’ouverture à la nouveauté.  
  • Inclure l’enfant dans la préparation des repas. Cela peut l’aider à se familiariser avec des aliments et sera une occasion de favoriser une saine relation avec ceux-ci. 
  • Offrir l’occasion à l’enfant d’exprimer ses préférences alimentaires et lui expliquer que c’est tout à fait normal qu’il apprécie davantage certains aliments. 
  • Ne pas féliciter l’enfant quand il goûte à l’aliment. Célébrez intérieurement. Plus les réactions sont neutres tant quand il mange que quand il ne mange pas, plus vous risquez d’avoir du succès à long terme. Par contre, si l’enfant mentionne qu’il a goûté et qu’il en est fier, le parent peut alors en profiter pour lui demander ses impressions et s’il aimerait qu’on le remette au menu bientôt ou pas, s’il pense à une autre façon de l’intégrer dans une recette, par exemple. 
  • Dans l’optique d’offrir un environnement sans pression lors des repas, offrir la possibilité à l’enfant de recracher un aliment s’il ne l’aime pas. Vous pouvez même lui laisser une petite serviette à cet effet sur la table. Le tout lui offre une porte de sortie et a pour effet de rendre l’action de goûter moins épeurante.  
  • Mettre l’accent sur l’ambiance des repas plutôt que sur ce que votre enfant mange ou ne mange pas. Le but ultime, c’est que le repas soit agréable parce que l’ambiance positive est favorable à la découverte alimentaire et à l’acquisition de saines habitudes. Votre rôle de parent est d’offrir des repas variés contenant de quatre à cinq aliments différents en vous assurant qu’il y ait toujours un aliment connu et apprécié de l’enfant présent dans chacun. Encore une fois, cela facilite l’ouverture à la nouveauté. Donc, une fois le repas servi, dans un endroit calme et agréable et à une heure régulière, on profite de ce moment en famille et on lâche prise sur ce que l’enfant mangera autant sur la quantité que sur la variété.   
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Les comportements à éviter pour ne pas rendre l’acceptation des aliments plus difficile :  

  • Camoufler les aliments rejetés par l’enfant dans d’autres mets. 
  • Éviter les négociations du genre « si tu manges ceci, tu auras droit à cela ». 
  • Insister ou forcer l’enfant à essayer un nouvel aliment.   

Impacts sur la santé 

Des études supplémentaires sur l’impact de la néophobie alimentaire sur la santé des enfants sont nécessaires. Cependant, si la néophobie alimentaire perdure, elle peut affecter la qualité de l’alimentation et possiblement amener des déficiences en certains nutriments.  

Ressources 

Si vous éprouvez de l’inquiétude par rapport à l’alimentation de votre enfant, plusieurs ressources sont disponibles en ligne.  


Une consultation avec un ou une nutritionniste spécialisé (e) est aussi fortement recommandée. Voici quelques références en pédiatrie. 


► Merci à Jessica Drolet, stagiaire en nutrition, pour sa précieuse collaboration ainsi qu’à Mélissa Larivière (jmlovenutrition.com), nutritionniste spécialisée enfance-famille pour sa précieuse révision et ses suggestions pertinentes.

► Pour d’autres conseils : visitez isabellehuot.com