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Réglementer Facebook est toujours dans les plans du gouvernement

Réglementer Facebook est toujours dans les plans du gouvernement
AFP

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Malgré les représailles de Facebook contre l'Australie la semaine dernière, le ministre du Patrimoine canadien, Steven Guilbeault, a réitéré dimanche que son gouvernement compte toujours légiférer pour encadrer le traitement des médias par les géants du web.

Le Canada tente de s’inspirer de l’Australie, qui a déposé un projet de loi obligeant les géants du numérique à rémunérer les médias locaux lorsqu’ils utilisent leur contenu. La riposte de Facebook de la semaine dernière a été assez directe, le géant américain ayant empêché les Australiens de partager des liens ou des nouvelles des médias du pays et de l'international sur sa plateforme.

«J’ai annoncé publiquement que je déposerais un projet de loi dans les prochains mois, pour accomplir ce que l’Australie tente de faire. Prendrons-nous exactement la même approche? Je ne pense pas. Ce sera un modèle fait au Canada, parce que nos institutions, nos lois, nos réglementations sont différentes», a expliqué le ministre alors qu'il présentait la position canadienne en entrevue à CNN dimanche.

M. Guilbeault a pointé du doigt le réseau social de Mark Zuckerberg, qu'il accuse d'avoir agi de façon «irresponsable» en coupant une partie de l’accès à ses services aux Australiens.

«Facebook n’a pas seulement coupé les liens vers les nouvelles, mais aussi vers les sites du gouvernement, incluant les informations sur les feux de forêt – dont c’est la saison en Australie –, de l’information sur la COVID, sur les lignes de prévention du suicide», a-t-il mentionné.

Le ministre du Patrimoine canadien tient à entrer dans la danse plutôt rapidement afin d’épauler les Australiens dans leur combat, malgré leur plan imparfait, selon ses dires. Le Canada devrait toutefois être accompagné de plusieurs pays européens tels que la France, l’Allemagne et la Finlande.

L’impact des médias

«Sans des médias et un secteur des nouvelles en santé, nous ne pouvons conserver des démocraties durables. Ce que nous voulons, c’est que Google et Facebook dédommagent équitablement les médias pour l’usage de leur contenu», a clairement fait savoir M. Guilbeault en entrevue.

Il souhaiterait d’ailleurs imposer une réglementation qui pourrait s’apparenter à celle du droit d’auteur, ce qui forcerait Facebook ou Google à ouvrir leur imposant portefeuille pour soutenir les médias locaux.

«Ce n’est pas à propos de les surtaxer ou toute autre question de taxes, a-t-il dit. Si ces compagnies font de l’argent grâce au contenu des nouvelles publiées, ce serait comme les droits d’auteur pour les artistes ou les musiciens.»

Finalement, M. Guilbeault croit que la compagnie américaine s’est mis les pieds dans les plats en imposant sa loi en Australie. Il n’a pas encore donné d’échéancier pour son propre plan d’action.

«Un représentant de Facebook a dit que ce n’était que de la supervision. Attendez une minute, de la supervision? Si nous avions besoin d’un exemple clair de pourquoi ces compagnies devraient être réglementées, Facebook nous l’a offert sur un plateau d’argent», a-t-il conclu.