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Ruée vers les métiers de la construction

Les inscriptions dans les écoles de formation professionnelle ont bondi

PHOTO COURTOISIE

Après plusieurs mois sur la liste d’attent
Photo courtoisie Après plusieurs mois sur la liste d’attente pour recevoir sa formation, Félip-Antoine Béland, 20 ans, étudiant à l’ÉMOICQ de Québec, a commencé son cours en charpenterie-menuiserie, alors qu’il avait envisagé d’étudier la comptabilité à l’université.

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Les inscriptions dans les program­mes des métiers de la construction ont explosé dans les centres de formation professionnelle un peu partout au Québec, notamment en raison de la COVID-19, qui a bousculé les plans de nombreux travailleurs.

Au 15 février, l’École des métiers et occupations de l’industrie de la construction de Québec (ÉMOICQ) dénombrait 144 inscriptions pour l’automne 2021 uniquement dans le programme de charpenterie-­menuiserie, par rapport à 63 en 2020. 

Dans le programme d’électricité, les inscriptions ont augmenté de près de 200 % et, chaque jour, l’école reçoit de nouveaux dossiers puisque le processus de demande d’admission aux programmes est en cours jusqu’au 1er mars, pour le premier tour.  

«Il y a un boom. C’est un refuge. Non seulement les formations sont rapides, mais elles mènent à des métiers qui sont bien rémunérés. Il y a aussi la rareté de main-d’œuvre qui crée une demande. Si je prends un programme comme ferblanterie, on n’en fournit pas assez pour les besoins du marché», a déclaré Martin Durocher, directeur de l’ÉMOICQ.

Année record

À Montréal, l’engouement est réel depuis la pandémie et l’école se dirige vers une année record.

«En 2020-2021, nous avons dépassé le total des inscriptions de l’année précédente en huit mois seulement», a déclaré Mario Bilodeau, directeur de l’École des métiers de la construction de Montréal (ÉMCM).

Depuis juillet dernier, l’ÉMCM a reçu 2820 demandes d’admission, alors que l’exercice comptable se termine le 30 juin 2021. Pour l’ensemble de l’année 2019-2020, l’école a reçu 2780 demandes. 

«On voit une augmentation des demandes d’admission dans tous nos programmes», a ajouté M. Bilodeau.

Cette situation fait en sorte qu’il y a plus de demandes d’inscription que de places offertes dans plusieurs programmes.

«Selon moi, il y a un lien à faire avec la COVID-19. Les métiers qui sont plus en demande sont les métiers de la construction, un secteur qui a été moins touché par la pandémie. Si je regarde nos programmes en alimentation et tourisme, ce n’est pas facile», a expliqué Martial Verreault, directeur du Centre de formation professionnelle de Jonquière.  

Liste d’attente

Félip-Antoine Béland, 20 ans, élève en charpenterie-menuiserie à l’ÉMOICQ, a dû attendre plusieurs mois avant d’avoir une place. Il a commencé sa formation en octobre dernier. Après une remise en question, il a choisi un métier de la construction plutôt que d’étudier en comptabilité à l’université.  

«Je voulais un métier qui bouge plus et qui me permette de réaliser des choses concrètes», a-t-il confié. 

En Mauricie, le centre de formation professionnelle Qualitech a accueilli trois cohortes supplémentaires en charpenterie-­menuiserie cette année et le nombre d’élèves inscrits en briquetage-­maçonnerie a doublé comparativement à 2019-2020.

Les inscriptions  

◆ 128 % de plus de demandes d’inscription en charpenterie-menuiserie (ÉMOICQ) de Québec 

◆ 181 % de plus en électricité (ÉMOICQ) 

◆ 3 cohortes de plus au centre de formation professionnelle Qualitech, à Trois-Rivières, en charpenterie-menuiserie 

◆ Dépassement des inscriptions à l’École des métiers de la construction de Montréal

Sources : ÉMOICQ, CFP Qualitech et EMCM