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Agression sexuelle: il estime ne pas mériter de casier judiciaire

Bloc Justice
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Un agresseur sexuel qui s’en était pris à une athlète de haut niveau lors d’un rendez-vous qui a mal tourné estime avoir déjà assez souffert depuis son arrestation, si bien qu’il ne croit pas mériter de casier judiciaire pour son crime. 

«Pendant que la victime travaille, participe à des compétitions et vit sa vie avec succès, il est enfermé dans un sous-sol. Sa carrière est pratiquement ruinée. Ça ne sert à rien de le punir davantage, il est déjà détruit», a lancé Me Vincent Rose en demandant l’absolution pour son client Chad Ofter.

Ofter, 25 ans, était de retour au palais de justice de Montréal ce lundi, en lien avec son crime commis en janvier 2017. À l’époque, il avait invité une jeune femme chez lui, dans l’espoir d’avoir des relations sexuelles, sauf que cette dernière n'en voulait pas. La femme a d’ailleurs dû dire deux fois «non», avait-elle dit au procès.

«En lien avec ce refus, il a témoigné avoir pris le “non” comme un “pas encore”», a rappelé le juge Yvan Poulin lors de la lecture du jugement.

Comme la jeune femme refusait d'avoir une relation complète avec Ofter, ce dernier l’a alors forcée à poser d'autres gestes de nature sexuelle. 

«Des proches [de l’accusé] l’ont décrit comme un gentleman, mais il ne l’a sûrement pas traitée comme un gentleman, il l’a utilisée comme un objet jetable pour ensuite lui dire de quitter», a commenté Me Annabelle Sheppard, de la Couronne, ce lundi.

Athlète dévastée

À la suite de l’agression, la plaignante, une athlète ayant déjà remporté des titres nationaux en plus de monter sur le podium dans des compétitions internationales, a vu sa vie être changée.

«Elle a décrit des traumatismes, des cauchemars, de l’insomnie, a expliqué Me Sheppard. C’était une athlète de haut niveau, mais elle ne vit pas sa vie d’athlète.»

L’avocat d’Ofter a toutefois remis en doute les conséquences sur la vie de la victime. Car depuis l’agression, elle a quand même gagné des médailles, a-t-il rappelé. L’avocat a même soulevé le fait que, sur Instagram, la jeune femme s’affichait avec des images la montrant heureuse.

«Tout le monde a l’air parfait sur les réseaux sociaux, a rétorqué la Couronne. Des influenceurs se montrent heureux et mettent fin à leurs jours plus tard. Des couples se montrent heureux alors que ce n’est pas le cas. Ce sont des images, ça ne veut pas dire que la personne ne souffre pas.»

Souffrance

Mais pour la défense, il est clair que c’est son client qui a souffert dans toute cette histoire, qui lui a même fait perdre temporairement son permis d’agent immobilier.

«Il a vécu l’humiliation, il a subi les stigmates de la honte, sa carrière est potentiellement ruinée», a plaidé l’avocat sans toutefois mentionner qu’Ofter était le seul responsable de son crime.

L’avocat a ainsi demandé au juge d’accorder à son client l’absolution, conditionnelle entre autres à une probation.

La Couronne, de son côté, estime qu’une peine de 18 mois de prison serait raisonnable.

Le juge, qui a reconnu qu’Ofter n’avait pas le profil d’un prédateur sexuel, rendra sa sentence le mois prochain.