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Après le scandale, une liste de «VIP» vaccinés à tort dévoilée en Argentine

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Le ministère argentin de la Santé a publié lundi une liste de 70 personnes ayant indûment reçu le vaccin contre la COVID-19, dont la révélation a déclenché le scandale des «vaccins pour VIP». 

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Cette liste comprend le président Alberto Fernandez et les membres de son cabinet, ainsi que le ministre de l'Économie, Martin Guzman, l'ambassadeur argentin au Brésil, l'ancien président Eduardo Duhalde, son épouse et leurs enfants, et également les noms de fonctionnaires qui n'entraient pas dans la catégorie de population cible pour les 1,8 million de premières doses de vaccins reçues dans le pays.

Les personnels de santé étaient prioritaires pour se faire vacciner, et l'administration du vaccin aux personnes de plus de 70 ans dans la province et plus de 80 ans à Buenos Aires vient de débuter.

Ce scandale a éclaté vendredi dernier lorsqu'un journaliste a déclaré à la radio qu'en raison de son amitié avec l'ancien ministre de la Santé, Ginés González García, qui a dû démissionner, il avait été vacciné dans l'enceinte du ministère par du personnel de l'hôpital public de Buenos Aires possédant 3000 doses.

Ses aveux ont déclenché une déferlante de réactions et l'apparition sur les réseaux sociaux du mot-dièse #vacunasvip («vaccinsvip»).

«Ces 3000 doses de vaccins n'étaient en aucun cas à la discrétion du ministère», a déclaré lundi la nouvelle ministre de la Santé, Carla Vizzotti.

L'Argentine, 44 millions d'habitants, compte plus de deux millions de cas de COVID-19 pour 51 000 décès.

Policiers au ministère

Jusqu'à présent, le pays a reçu 1,22 million de doses du vaccin russe Spoutnik V et 580 000 doses du Covishield de l'institut indien Serum, issu d'un transfert de technologie d'AstraZeneca.

Le gouvernement s'attend à recevoir «dans les prochains jours» un million de doses du vaccin chinois Sinopharm, qui a reçu dimanche l'agrément d'urgence du ministère de la Santé.

Quelque 13 plaintes contre l'ancien ministre de la Santé ont été déposées lundi devant le tribunal, mais Mme Vizzotti a nié l'existence de «vaccins pour VIP» au sein de son ministère.

«L'idée qu'il existe un vaccinateur pour VIP au sein du ministère de la Santé est fausse. Ce qui s'est passé était une situation spécifique, 10 personnes sont allées se faire vacciner et le président a pris les mesures nécessaires», a-t-elle déclaré.

À la demande d'un procureur de Buenos Aires, des policiers se sont présentés lundi soir au siège du ministère de la Santé pour rechercher le registre des entrées et y vérifier les noms des personnes inscrites entre le 1er et le 19 février, a indiqué la presse argentine, citant des sources judiciaires.