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Birmanie: le chef de l'ONU demande l'arrêt immédiat de la répression

Birmanie: le chef de l'ONU demande l'arrêt immédiat de la répression
Photo AFP

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Genève | Le secrétaire général de l'ONU Antonio Guterres a appelé lundi l'armée birmane qui a renversé le gouvernement civil d'Aung San Suu Kyi à «arrêter immédiatement la répression», au moment où les Européens doivent discuter de sanctions. 

Dans son discours annuel devant le Conseil des droits de l'homme de l'ONU (CDH), le chef de l'ONU n'a nommé qu'un seul pays: la Birmanie. 

  • Écoutez le chroniqueur de politique internationale Loïc Tassé avec Antoine Robitaille sur QUB Radio:  

«Aujourd'hui, j'appelle l'armée birmane à arrêter immédiatement la répression. Libérer les prisonniers. Mettre fin à la violence. Respecter les droits humains et la volonté du peuple exprimée lors des récentes élections», a demandé Antonio Guterres, dans une vidéo préenregistrée et diffusée à l'ouverture de la 46e session du CDH.

«Les coups d'État n'ont pas leur place dans notre monde moderne», a-t-il insisté.

La junte a toutefois jusqu'ici fait fi des multiples condamnations internationales.

Elle a même durci le ton après un week-end de violences sanglantes en avertissant les manifestants qu'ils risquaient d'en mourir, ce qui ne les a pas n'a pas dissuadé de descendre dans les rues lundi.

À Bruxelles, les Européens devraient eux, après les États-Unis, le Royaume-Uni et le Canada qui ont pris des sanctions, adopter des «décisions appropriées» lors d'une réunion des ministres des Affaires étrangères.

Sur le terrain, près de trois semaines après le putsch du 1er février et le placement en résidence surveillée d'Aung San Suu Kyi le 1er février et l'a placée en résidence surveillée, la mobilisation pro-démocratie ne faiblit pas.

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«Force brutale»

Les forces de sécurité birmanes ont montré leur détermination à réprimer tout mouvement de contestation, en utilisant gaz lacrymogène, canons à eau, balles en caoutchouc et tirs à balles réelles pour disperser des rassemblements pacifiques. Plusieurs personnes sont décédées.

Les vagues d'arrestations de responsables politiques, d'activistes ou de grévistes se poursuivent. Plusieurs centaines de personnes ont été interpellées, et très peu relâchées, d'après une ONG d'assistance aux prisonniers politiques.

«Nous assistons à l'affaiblissement de la démocratie, à l'utilisation de la force brutale, à des arrestations arbitraires, à la répression dans toutes ses manifestations, à la restriction de l'espace civique, à des attaques contre la société civile», a déploré Antonio Guterres devant le CDH.

Il a également pointé du doigt les «violations graves commises contre des personnes issues de minorités sans que les responsables n'aient à rendre de comptes, notamment à ce qui a été appelé à juste titre un nettoyage ethnique de la population Rohingya».

«La liste est encore longue» et «tout cela se conjugue dans une réelle période de troubles», a-t-il asséné, avant d'exprimer son soutien au peuple birman «dans sa quête de démocratie et de paix et dans son action en faveur du respect des droits humains et de l'état de droit».

Le 12 février, le Conseil des droits de l'homme de l'ONU a adopté une résolution demandant la libération immédiate d'Aung San Suu Kyi. La Chine et la Russie, soutiens traditionnels de l'armée birmane, se sont distanciées du consensus, après l'adoption du texte.