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Des snowbirds vaccinés et bronzés ne regrettent pas

Ils sont toutefois moins nombreux qu’à l’habitude à avoir pris la décision d’aller ou de rester en Floride

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Photo Hugo Duchaine La distanciation physique et le port du masque ne sont pas monnaie courante dans les restaurants et les bars de Fort Lauderdale.

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FORT LAUDERDALE | Les snowbirds québécois qui se sont envolés pour la Floride cet hiver ne regrettent rien. Même s’ils ragent contre les nouvelles mesures imposées aux voyageurs, la plupart rentreront au pays déjà vaccinés, sans avoir vécu un dur confinement, et bien bronzés.

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« On n’a aucun regret », lance Andrée Gaudette aux côtés de son mari des 38 dernières années, Michel Hacala, qui hoche la tête. 

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Photo Hugo Duchaine

« La qualité de vie qu’on a ici... », poursuit-elle, sous la véranda de sa maison mobile de Boynton Beach, au nord de Fort Lauderdale.

  • Écoutez le journaliste Hugo Duchaine avec Antoine Robitaille sur QUB Radio:

Ils sont cependant peu nombreux à avoir pris la même décision. Leur parc, qui accueille habituellement environ 140 familles québécoises, n’en loge actuellement qu’une quinzaine. 

Certains sont partis dans les derniers jours pour éviter la quarantaine obligatoire de trois jours à l’hôtel dès aujourd’hui, mais la plupart ne sont pas venus du tout, disent-ils.  

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Désertique

« C’est mort, mort, mort », souffle M. Hacala, en montrant au Journal les nombreuses maisons mobiles aux fenêtres fermées par des volets de métal.

Les deux quinquagénaires assurent qu’ils sont prudents. Leurs sorties se limitent à l’épicerie, la plage et le bateau. Ils ne vont pas dans les restaurants, où ils voient trop de clients sans masque.

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Photo Hugo Duchaine

Ils ont aussi payé plus de 1000 $ pour s’assurer au cas où ils contracteraient la COVID-19.

« L’hôtel [obligatoire en rentrant au Canada par avion], c’est démesuré, exagéré et inapproprié pour la plupart des gens », dit Mme Gaudette. 

« J’aurais plus peur de le contracter, le virus, à l’hôtel que chez moi », renchérit son mari.

« On est chez nous ici, personne d’autre ne touche à ma poignée de porte. Si j’avais un chalet dans Charlevoix et que je partais de la Rive-Sud, personne ne dirait rien », continue M. Hacala.

« On s’en vient au chalet, ici, il est loin, mais c’est ça », illustre à son tour Michel Gauthier, qui a une maison mobile sur la même rue.

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Photo Hugo Duchaine

Selon lui, les risques de contracter la COVID-19 sont plutôt pour les voyageurs qui reviennent d’un tout-inclus, par exemple.

En voiture

À une soixantaine de kilomètres au sud, à Dania Beach, d’autres snowbirds tiennent le même discours. 

Ils sont tous arrivés par avion cet automne, puisque la frontière terrestre est fermée. Ils ont fait descendre leur voiture par un transporteur. Mais ils repartiront tous en voiture pour éviter de payer un hôtel.

Un couple songe à voler jusqu’à Plattsburgh, dans l’État de New York, et rentrer ensuite par la route. 

« Ils sont en train de stresser les personnes âgées et les mettre dans la misère [...]. J’en connais qu’ils n’ont pas l’argent [pour la quarantaine à l’hôtel] », dénonce Linda Gagné, qui voit ces règles comme « une punition ».

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Photo Hugo Duchaine

Âgé de 74 ans, Paul Bellefeuille est inquiet. Il rentrera en voiture, mais il ne sait comment il s’y prendra pour avoir un test négatif, qui doit avoir été fait dans les 72 heures précédentes, et traverser les quelque 3000 kilomètres jusqu’à Montréal en si peu de temps. 

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Photo Hugo Duchaine

Pas de maison au Québec     

À 67 ans, Judith Lessard a failli rester au Québec cet hiver, voyant l’ampleur de la pandémie. Mais elle n’a plus de maison dans la Belle Province depuis quatre ans. 

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Photo Hugo Duchaine

Propriétaire d’une maison mobile à Dania Beach, où elle passe l’hiver, elle vit dans une roulotte sur un camping pendant l’été.

« Je cherchais un loyer meublé, mais idéalement sans bail. Des pneus d’hiver pour ma voiture et même des vêtements d’hiver, je n’en ai plus tellement », explique-t-elle.

Armée d’une assurance couvrant la COVID-19, elle a finalement fait le choix de partir.

« Ç’a aurait été épouvantable », se dit-elle en pensant à ce qu’aurait été son hiver au Québec.

Elle est maintenant vaccinée, au chaud, et libre de marcher après 20 h et de recevoir quelques amis à souper. 

Aînés et vaccinés     

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Photo Hugo Duchaine

À Dania Beach, tous les snowbirds de 65 ans et plus rencontrés par Le Journal ont été vaccinés. Ils ont même déjà reçu leur deuxième dose après 21 jours.

« Mon père [qui vit au Québec] a 90 ans et il n’est pas encore vacciné, parce qu’il vit chez lui », se désole Linda Page, 68 ans, désormais immunisée contre la COVID-19.

À Fort Lauderdale, le vaccin est offert au service à l’auto, au même titre que les frites d’un fast food.

Comme plusieurs de ses voisins, Mme Page estime que les snowbirds qui sont restés dans la neige le regrettent, car ici, ils seraient déjà vaccinés.

« Pourquoi un Québécois vacciné en Floride qui retourne au Québec est plus dangereux ? se demande son mari, Daniel Jean. Ils ont échappé le ballon, ce n’est pas notre faute si [Justin Trudeau] n’en a pas acheté assez, des vaccins. » 

La COVID-19, où ça ?     

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Photo Hugo Duchaine

À quelques pas de la plage Fort Lauderdale, des clients d’un bar entassés et sans masque chantonnent Young, Wild and Free de Snoop Dogg et Wiz Khalifa, en fin d’après-midi vendredi.

Comme au Québec, la Floride exige le port du masque à l’intérieur des commerces, et même si la mesure est largement respectée, quelques jours suffisent pour observer un grand laisser-aller. 

Dans les restaurants, les tables sont parfois plus espacées, mais elles accueillent plus d’une bulle.

Sur une plage déserte se déroule un petit mariage dont tous les invités pourraient être à deux mètres... s’ils l’avaient voulu.

Les distributrices de gel désinfectant à l’entrée des commerces sont souvent vides. Et ce n’est pas tous les endroits qui en ont.

À l’hôtel, plusieurs clients semblent penser que le port du masque n’est qu’une suggestion, même chose pour la limite de deux personnes dans l’ascenseur.

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