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François Legault plus tolérant envers ses ministres masculins

Quebec
Photo Stevens LeBlanc Le premier ministre François Legault lors de la mise à jour sur la pandémie de COVID-19 jeudi dernier.

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En octobre 2018, François Legault était très fier d’annoncer un Conseil des ministres paritaire, respectant ainsi un engagement électoral qu’il disait ferme. Mais cette image de parité a rapidement été éclipsée par une autre réalité. Le PM a la mèche plus courte avec ses ministres féminines.

Une justice pour les femmes

Débutons avec la députée MarieChantal Chassé qui a perdu son poste de ministre de l’Environnement trois mois à peine après son entrée en fonction. Sa plus grosse erreur a été ses difficultés de communication avec la presse parlementaire. Vite, un homme pour la remplacer, Benoit Charette.

L’été dernier, tout de suite après la première vague désastreuse de la pandémie, le premier ministre a dégommé la ministre de la Santé, Danielle McCann. Elle a été rétrogradée à l’enseignement Supérieur, et vite, un homme pour la remplacer, Christian Dubé.

En octobre dernier, Sylvie D’Amours a perdu son poste de ministre responsable du Secrétariat aux affaires autochtones parce que son bilan était trop mince au goût de François Legault et qu’elle n’allait pas assez vite pour appliquer notamment les recommandations du rapport Viens. Vite, un autre homme pour la remplacer, Ian Lafrenière.

Une justice pour les hommes

Quand les gaffes sont commises par des hommes, le jugement semble différent. André Lamontagne a multiplié les cas de cafouillage comme ministre de l’Agriculture, ne cessant de placer le gouvernement dans l’embarras avec des déclarations contradictoires au sujet du congédiement du fonctionnaire et lanceur d’alerte Louis Robert. 

La décision de François Legault : « Lâche pas, mon André ». Même traitement de faveur pour le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. 

A-t-il un bilan plus étoffé ? La satisfaction de la clientèle est-elle au rendez-vous ? Pas vraiment, les critiques fusent de toutes parts. La décision du PM : « Lâche pas, mon Jean-François ».

Et que dire du ministre Simon Jolin-Barrette qui a mis le gouvernement dans l’embarras deux fois plutôt qu’une ? On n’a qu’à penser au cafouillage survenu lors du dépôt des demandes de parrainage de réfugiés. 

Décision de François Legault : « Lâche pas, mon Simon ». Ce n’est pas tout. Le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a été blâmé deux fois par la commissaire à l’éthique pour avoir enfreint le code parce qu’il détient des intérêts dans des entreprises qui font affaire avec le gouvernement. 

François Legault montait aux barricades pour beaucoup moins lorsqu’il était dans l’opposition. 

Décision du premier ministre : « Lâche pas, mon Pierre ». Et maintenant, Mathieu Lacombe. Ce ministre de la Famille avait promis la création de près de 13 500 nouvelles places en CPE en deux ans. 

À peine plus de 2000 places ont été créées, un échec total. Le ministre a même admis qu’il était arrivé au bout de ses capacités. Décision du PM : « Lâche pas, mon Mathieu ».

À moins que les apparences soient trompeuses, il m’apparaît assez évident que François Legault a une plus grande tolérance pour les erreurs de ses ministres masculins. Bien sûr, le gouvernement Legault dira qu’il respecte toujours la zone paritaire, c’est vrai. 

Mais au-delà de l’image de la parité, il y a quelque chose d’encore plus important : un véritable traitement égalitaire.