/opinion/columnists
Navigation

L’inflation, sous-évaluée par Statistique Canada?

Katheryne Aubert
Capture d'écran, TVA Nouvelles Confrontés à la hausse du coût de la vie, plusieurs Québécois imitent les méthodes de Katheryne Aubert, alias Miss Coupon.

Coup d'oeil sur cet article

Il y a toutes sortes de moyens pour épargner et économiser un peu d’argent à l’épicerie. Avec les prix alimentaires qui ne cessent d’augmenter, nous n’avons vraiment pas le choix de les utiliser.

• À lire aussi: Elle a fait du couponing une entreprise!

• À lire aussi: Comment économiser 500 dollars par mois sur votre facture d'épicerie

Statistique Canada indiquait cette semaine que le taux d’inflation alimentaire s’élevait à 1 % en janvier. 

Toutefois, la réalité que vivent les consommateurs lorsqu’ils se rendent au supermarché est tout autre, ce qui fait douter de la justesse des chiffres de l’agence fédérale. Les données de NielsenIQ pour les 12 derniers mois nous offrent un portrait complètement différent.

Par exemple, pendant que les ventes de bœuf au Canada augmentaient de 8 % en volume, le pourcentage se situait plutôt à 16 % en dollars. Même chose pour les tomates, le légume le plus populaire : une hausse de 6 % en volume, mais de 28 % en dollars.

Tout cela est le produit de l’inflation. Les prix augmentent tellement vite parfois que les méthodes de Statistique Canada ne captent pas les effets de la volatilité des prix. Bref, Statistique Canada est souvent un peu dans les patates !

Les emballages qui rapetissent

Il y a aussi l’effet des emballages qui rapetissent ; la fameuse « shrinkflation ». C’est un phénomène de plus en plus répandu depuis environ une quinzaine d’années, surtout depuis la grande récession de 2008. Plusieurs entreprises en transformation diminueront le format de leurs produits sans jamais baisser les prix. Biscuits, croustilles, bacon, pâtes et sauces : plusieurs catégories ont été affectées par la « shrinkflation ».

La pandémie a ramené cette pratique à l’avant-plan. D’ailleurs, cette semaine, Kraft-Heinz et Conagra ont annoncé la même journée qu’elles étaient sur le point d’augmenter leurs prix en raison du coût élevé des denrées agroalimentaires. Le canola, le blé, le maïs... tout augmente ces temps-ci. Il y a fort à parier que les prix n’augmenteront pas, mais que ce sont plutôt les quantités qui diminueront. Et bien sûr, Statistique Canada ne tient pas compte des emballages qui rapetissent. Du moins, pas pour le moment.

Les coupons à la rescousse

Peu importe, nous, les consommateurs, devons adopter une stratégie défensive pour épargner. 

Et tous les moyens sont bons. 

L’histoire rapportée dans Le Journal cette semaine sur le couponnage, et sur Katheryne Aubert, alias Miss Coupon, était vraiment inspirante. Maman d’une petite fille de quatre ans, elle n’avait aucun revenu, pas d’emploi, rien. Aujourd’hui, non seulement épargne-t-elle environ 500 dollars par mois en épicerie, mais elle donne des cours sur le couponnage. 

Incroyable !

Le couponnage est assurément un sport extrême. Il faut du temps, de la discipline, de l’espace pour entreposer des aliments, et surtout, un ego qui ne se laisse pas déranger par le jugement des autres. 

Le couponnage n’est pas pour tout le monde, mais avec les prix alimentaires qui augmentent, nous pouvons tous changer nos habitudes. 

Un sondage de l’Université Dalhousie révélait l’an dernier que les Québécois sont les champions des circulaires. Environ 68 % d’entre eux les consultent régulièrement. Des coupons, on peut en trouver partout : dans les circulaires, sur internet, partout. Il s’agit juste de chercher.

L’approche de Miss Coupon implique de l’organisation, de la discipline et surtout, de la patience. Une fois les coupons bien organisés selon les dates d’expiration, les catégories de produits et autres, il faut éviter l’achat compulsif. Sans nous en rendre compte, nous achetons beaucoup par impulsion, et les coupons nous permettent d’éviter ce piège.

Il faut aussi s’abstenir de faire des achats en ligne, car les rabais sont extrêmement rares sur les sites des supermarchés. Vaut mieux faire son épicerie en personne puisque les rabais sont plus fréquents sur place ; moins fréquents qu’avant la pandémie, mais quand même plus fréquents qu’en ligne.

Deux autres conseils. Ne faites pas votre épicerie si vous avez faim, et surtout, si possible, n’amenez pas vos enfants, en particulier s’ils sont en bas âge. C’est la meilleure façon de ne pas acheter sans réfléchir des produits dont vous n’aurez pas besoin.