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Sondage: le baromètre des plus grandes peurs des Québécois

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Chaque semaine, Le Journal, en collaboration avec la firme Léger, dévoile un coup de sonde sur une variété de sujets qui vous touchent de près ou de loin. Notre Baromètre mesure ainsi ce qui vous fait vibrer ou sourciller en tant que Québécoise ou Québécois, jeune ou moins jeune, francophone, anglophone ou allophone, à Montréal ou en région.  

Quelles sont vos plus grandes peurs ?

1. Perdre un être cher : 35 %

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2. La perte d’autonomie : 28 %

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3. Ne plus avoir d’argent : 21 %

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4. La mort : 18 %

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5. Les hauteurs : 13 %

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6. La guerre : 12 %

7. Les changements climatiques : 11 %

8. Les serpents : 11 %

9. La solitude : 9 %

10. Ne pas être à la hauteur : 8 %

11. Avoir un accident : 8 %

12. Se noyer : 8 %

13. Parler en public : 7 %

14. Les araignées : 7 %

15. La peur de l’échec : 7 %

16. La peur d’être malade : 7 %

17. Avoir de l’angoisse/anxiété : 7 %

18. Les places fermées (claustrophobie) : 7 %

19. Les foules (agoraphobie) : 4 %

20. Les requins : 4 %

21. Les aiguilles : 4 %

22. Perdre son emploi : 4 %

23. La fin du monde : 3 %

24. L’hôpital : 3 %

25. La peur des autres (phobie sociale) : 3 %


Méthodologie 

Le sondage a été réalisé en deux temps. Une question ouverte a été posée aux panélistes LEO (Leger Opinion) pour qu’ils soumettent leurs plus grandes peurs. Ensuite, un sondage scientifique a été réalisé auprès d’un millier de Québécoises et Québécois représentatifs, du 29 au 31 janvier 2021, sur la base des peurs les plus mentionnées. Chaque répondant pouvait choisir jusqu’à 3 peurs. Seules les 25 peurs les plus nommées sont présentées dans ce baromètre. 


  • Philippe Léger, Le Journal de Montréal  

Le constat  

Perdre un être cher (1er), perdre l’autonomie (2e) et les problèmes financiers (3e) occupent les trois premiers rangs des grandes peurs des Québécois. D’ailleurs, vous aurez remarqué que nous avons plus peur de la mort des autres et de leur souffrance que de mourir nous-mêmes.

La surprise  

Les femmes ont deux fois plus peur de la solitude que les hommes, alors que les hommes ont trois fois plus peur de faire de l’insomnie et craignent deux fois plus les foules. Les femmes ont également six fois plus peur des araignées que les hommes, alors que ces derniers ont légèrement plus peur des requins. À chacun ses bibittes. 

Déception 

Tous sont inquiets de possibles problèmes financiers. Que vous gagniez moins de 40 000 $ ou plus de 100 000 $ par année, employés ou chômeurs, scolarisés ou non, avec ou sans enfants, la peur de ne plus avoir d’argent vous guette. Et ce sont les jeunes qui sont les plus inquiets pour leur avenir financier.   

Nos peurs, nos grandes peurs 

  • Mathieu Bock-Côté, Le Journal de Montréal

Quoi qu’on en dise, les peurs sont quelquefois bonnes conseillères. Un homme qui n’aurait pas peur devant de vrais périls serait sot ou inconscient. Et le courage n’est pas le fruit d’une absence de peur, mais d’une peur surmontée.

Quelles sont les peurs des Québécois ? La première est simple : c’est celle de perdre un proche. Elle est exacerbée en cette année pandémique. Quand la maladie frappe un être cher, c’est tout un monde qui menace de s’écrouler. Rien n’est plus humain.

La mort

La deuxième est dans le même esprit : dans un monde où l’extrê-me vieillesse se banalise et prend souvent les traits d’une existence déshu-manisée, la perte d’autonomie terrifie. Quel triste destin que de finir parqué dans un CHLSD ! 

La peur de la mort nous hante. L’homme se voudrait immortel et se sait de passage sur terre pour un trop bref séjour. Un jour, il apprend qu’il mourra. Dans un monde convaincu que le ciel est vide et que l’humanité est un fait divers biologique dans l’histoire du cosmos, comment ne pas être terrifié ?

La peur de la solitude est aussi repérable. Dans un monde où la structure familiale est fragilisée, l’individu redoute d’être abandonné, et de ne compter pour personne.

Collectif

Je confesse une demi-surprise : l’absence des peurs collectives. La seule autorisée est celle du réchauffement climatique. Elle est légitime. Elle refoule toutefois dans les marges d’autres craintes qui le sont aussi. 

Il manque une peur, étrangement, dans cette liste : celle de disparaître comme peuple. Comme si les Québécois étaient déconnectés de leur être collectif et n’étaient pas capables de nommer leur réalité. À moins qu’elle ne soit désormais frappée d’un tabou ?

Elle traverse pourtant notre histoire : on l’appelait la peur de l’assimilation. Elle nous poussait à nous battre.

Elle est fondée rationnellement. Il faudrait la retrouver. Il y a des limites à l’insouciance, surtout quand elle vire à l’inconscience.