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Enfin une première compétition pour les patineurs sur courte piste

Charles Hamelin participera à son 17e championnat mondial en carrière

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Photo d’archives En 17 participations au championnat mondial en carrière, Charles Hamelin a récolté 12 médailles d’or, 14 d’argent et 10 de bronze.

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Le Canada présentera un mélange d’expérience et de jeunesse au championnat mondial de patinage de vitesse sur courte piste qui se déroulera du 5 au 7 mars à Dordrecht, aux Pays-Bas.

Mené par le vétéran Charles Hamelin, qui prendra part à son 17e championnat mondial en carrière et qui a remporté les grands honneurs en 2018 en plus de monter sur le podium au classement cumulatif à sept occasions, le Canada pourra enfin disputer une première compétition internationale cette année alors que les six Coupes du monde prévues au calendrier ont été annulées en raison de la pandémie, dont celles de Montréal et de Laval en novembre dernier.

Six patineurs vivront de leur côté l’ivresse d’un premier mondial, soit Maxim Laoun, qui effectuera un retour remarqué après avoir subi une très grave blessure à une jambe le 22 novembre ; Florence Brunelle, qui a remporté quatre médailles l’an dernier sur la scène internationale au championnat mondial junior et aux Jeux olympiques jeunesse ; William Dandjinou, Jordan Pierre-Gilles, Danaé Blais et Claudia Gagnon.

« Je souhaite voir un état d’esprit performant qui ne se compte pas en chiffres, mentionne d’entrée de jeu l’entraîneur-chef Sébastien Cros, mais c’est clair qu’on vise des médailles et qu’on ne se rend pas aux Pays-Bas en touristes même s’il n’y a pas eu de compétitions de l’année. »

Malgré l’annulation des étapes de la Coupe du monde l’une après l’autre, Cros a toujours pensé que le mondial pourrait être sauvé. 

« J’ai gardé espoir jusqu’au bout même quand les Coupes du monde de février ont été annulées. Je suis content que le mondial puisse avoir lieu parce qu’il s’agit d’une motivation pour les athlètes et ça va nous permettre de savoir où l’on se situe vis-à-vis de nos adversaires. » 

Malgré l’absence des Coréens, des Chinois et des Japonais, Cros s’attend à un bon niveau de compétition. « Il y aura une bonne lutte avec les Américains et les Européens, a-t-il indiqué. Le Kazakhstan sera aussi à surveiller. »

L’entraîneur-chef des équipes masculine et féminine est heureux de miser sur un groupe alliant expérience et jeunesse. « Il y a une bonne dynamique dans le groupe et c’est important de pouvoir assurer le transfert des connaissances vers les plus jeunes, a-t-il expliqué. Un gars comme Charles peut partager son expérience et son vécu, ce qu’un entraîneur ne peut pas faire. Charles démontre sur une base quotidienne son engagement à l’entraînement. Il met beaucoup, beaucoup de travail. »

Pause de Kim Boutin

Cros ne voit pas d’un mauvais œil la décision de sa leader Kim Boutin de s’accorder une pause avant d’amorcer la dernière ligne droite avant les Jeux olympiques de Pékin en 2022. « Ce n’est pas un gros enjeu que Kim rate le mondial, a-t-il affirmé. La pause va lui permettre de bien se sentir quand elle va reprendre l’entraînement. L’absence de Kim est aussi une occasion pour d’autres filles d’assumer plus de leadership. Ça nous permettra de miser sur un groupe solide l’an prochain avec son retour. »

Hamelin, Laoun et Steven Dubois prendront le départ des épreuves individuelles, tout comme Brunelle et Courtney Sarault chez les femmes.

Une année mouvementée 

L’équipe canadienne de patinage de vitesse courte piste a vécu de nombreuses turbulences au cours de la dernière année.

Suspension avec salaire de l’entraîneur-chef de l’équipe féminine Frédéric Blackburn au printemps de dernier, dont le départ définitif a été confirmé en octobre, fermeture de l’aréna Maurice-Richard pendant quelques mois et annulation des étapes de la Coupe du monde l’une après l’autre.

Seul en poste pour diriger les formations masculine et féminine jusqu’en janvier, comment Sébastien Cros a-t-il pu garder le navire à flots ? « C’est certain que la motivation a été un enjeu, a-t-il reconnu. La fermeture de la glace a été difficile. Les athlètes ont fait preuve d’une bonne résilience. On s’entraînait pour la saison 2020-2021 dans l’espoir qu’il y ait des étapes de la Coupe du monde, mais, ultimement, on se préparait pour les Jeux olympiques de 2022. 

« La forme physique est correcte, mais il a fallu s’adapter et faire preuve de créativité, ce qui a amené du dynamisme, de poursuivre Cros. C’est clair que les Européens ont un avantage certain sur nous parce qu’ils ont eu l’occasion de compétitionner lors des championnats d’Europe. Au niveau international, ça se joue sur les capacités d’adaptation et je suis assez confiant. »

Un retour progressif 

Comment Cros a-t-il été accepté par les patineuses qui travaillaient avec Blackburn, depuis plusieurs années pour certaines ? « C’est différent de travailler au quotidien avec les filles, mais je l’avais déjà fait une à deux fois par semaine il y a deux ans alors que j’étais l’adjoint de Frédéric. Ça se passe très bien. »

En raison de la COVID-19, les athlètes s’entraînaient en solo à un certain moment. « Le retour sur la glace a été progressif et moi aussi je suis arrivé progressivement, ce qui a facilité la transition, a expliqué celui qui avait pris les rênes de l’équipe masculine en 2019 après le congédiement d’Éric Bédard. La confirmation de ma nomination est maintenant un fait établi depuis quelques mois, ce qui a facilité les choses. La chimie dans le groupe n’a pas été une source d’inquiétudes. »

L’entrée en scène du multiple médaillé olympique Marc Gagnon en janvier a aussi donné un bon coup de pouce. 

« On manquait de bras pour aller chercher le maximum dans le développement individuel de chaque athlète, a reconnu Cros. La venue de Marc a renforci le groupe d’entraîneurs et a fait du bien. Les hommes et les femmes patinent ensemble plus souvent maintenant, ce qui est positif pour la dynamique globale. » 

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