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Enquête exigée sur la prime du maire déchu de Saint-Jérôme

La ministre veut faire la lumière sur l’allocation de départ de 36 000$

Dossier UPAC - Stéphane Maher maire de St-Jérôme
Ben Pelosse / JdeM

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Troublée par l’allocation de départ de 36 000$ qui a été versée à l’ex-maire déchu de Saint-Jérôme, la ministre des Affaires municipales demande que la lumière soit faite sur les circonstances entourant le versement de cette prime et la gestion actuelle de la ville.  

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«C’est inacceptable! La Ville n’avait pas à donner une allocation de départ. C’est d’ailleurs ce que la Commission municipale du Québec (CMQ) aurait elle-même répondu à la municipalité si la question lui avait été posée», a fait savoir Andrée Laforest, ministre des Affaires municipales, par l’entremise de son cabinet. 

Elle réagissait aux révélations du Journal publiées lundi matin, selon lesquelles une allocation de départ de 36 228$ avait été versée à Stéphane Maher jeudi dernier.  

Cette somme a été octroyée une fois le mandat terminé de l’observatrice de la CMQ, demandée par la ministre Laforest, et qui devait s’assurer que la fin de règne du maire se déroule sans problème. 

«En raison de cet élément nouveau, il est de mon devoir de demander immédiatement au Commissaire à l’intégrité municipale et aux enquêtes de se pencher sur la situation afin de voir ce qu’il en est et faire la lumière sur la gestion actuelle», a précisé la ministre Laforest.  

Rappelons que l’ex-maire est inéligible à siéger depuis le 31 décembre 2020 parce qu’il a été condamné le 30 novembre dernier pour avoir offert des postes prestigieux à deux conseillers qu’il expulsait de son équipe afin qu’ils ne se présentement pas au scrutin de 2017. 

Notre Bureau d’enquête avait dévoilé les dessous de cette affaire à l’époque.  

Après les faits

Selon l’avis juridique commandé par la Ville de Saint-Jérôme, M. Maher a droit à cette prime, car l’article de la loi qui stipule qu’un élu ne peut toucher une allocation de départ s’il est inéligible a été adopté en 2018, soit après les faits reprochés.  

« [Cette demande de la ministre] est un pas dans la bonne direction. D'ailleurs, le Commissaire a reçu passablement de plaintes depuis les élections de 2017. Il connaît mon numéro de téléphone», a réagi Nathalie Lasalle, conseillère municipale indépendante qui réclame une tutelle dans sa Ville depuis 2018.  

«La municipalité a attendu le départ de la CMQ, nommée par la ministre, pour émettre l’allocation de 36 000$ au maire déchu. Il est déchu! Ce n’est pas rien, il y a eu une faute grave. C'est selon moi insuffisant, à la limite redondant, de renommer quelqu'un. Des mesures concrètes doivent être prises pour que le maire rembourse», a commenté Marie-Claude Nichols, critique du Parti libéral du Québec en matière d’affaires municipales.