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La catastrophe du REM aérien

REM
Photo Jean-Louis Fortin

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Le Journal nous apprend ce matin que des firmes d’architectes qui devaient concevoir les structures aériennes du REM au centre-ville de Montréal ont démissionné du projet parce qu’elles craignent que leur nom soit associé à l’horreur que la Caisse de dépôt tente d’imposer aux Québécois.

Ces structures ne peuvent être que laides. Elles vont défigurer le centre-ville, dévaluer les immeubles qui se trouvent de chaque côté, chasser les résidents qui ne voudront pas endurer les passages toutes les deux minutes de trains faisant le bruit d’un avion, empêcher les arbres et la verdure de pousser, attirer la criminalité, bloquer la circulation sur une artère très importante, etc.

Quand la mairesse Plante, succombant aux arguments de la Caisse de dépôt, indique que les piliers seront plus légers, elle oublie de mentionner que s’ils sont plus légers, ils devront aussi être plus nombreux, pour supporter les charges.

Le REM aérien au centre-ville est une catastrophe.

Arguments douteux

Les arguments de la Caisse sont douteux. Selon elle, construire un tunnel du REM sous le centre-ville pourrait mener à l’effondrement des immeubles situés au-dessus. Rien de moins. Nous ignorions que les gratte-ciel de Montréal étaient construits sur un tel gruyère! Sont-ils seulement toujours habitables de manière sécuritaire? Quelle blague!

Du reste, le REM n’a pas à se connecter nécessairement à la Place Bonaventure. Les segments de l’Est pourraient facilement aboutir de manière souterraine à la station Berri-UQAM. Le projet y perdrait en fluidité, mais il vaudrait encore mieux d'arrêter le REM à cet endroit que de le conduire à la Place Bonaventure en tracé aérien. 

Aucun élu derrière le projet

Ce projet, qui n’a été décidé par aucun élu, est porté par la Caisse de dépôt et placement du Québec, laquelle pourrait très facilement le vendre à des intérêts privés, pour entrer dans la logique mercantile d’une partie de sa mission ou pour sauver la rentabilité du REM à court terme, sur le dos des usagers.

C’est aussi cela, le problème. Quand les élus laissent le pouvoir à des non-élus pour des projets de cette importance, des catastrophes risquent de se produire. Parce que les dirigeants de la Caisse ne sont pas imputables auprès des électeurs.  

Contre-exemple dans le monde

Il est révélateur que des firmes d’architectes craignent de voir leur nom entaché à jamais par ce projet. Elles redoutent que la structure aérienne au centre-ville devienne dans le monde entier un objet de dérision et que les écoles d’architecture l’enseignent comme un exemple de ce qu’il ne faut pas faire. Et à cause de cela, elles perdront des contrats.

Quand les conséquences catastrophiques du REM aérien au centre-ville se concrétiseront, les dirigeants de la Caisse qui ont pris la décision se cacheront dans le maquis des structures administratives et, au pire, ils quitteront leur poste avec une généreuse pension.

Par contre, les noms de François Legault et de Valérie Plante resteront attachés à ce monument de bêtise au centre-ville, s’il est construit. Leur parti en paiera le prix politique parce qu’ils ont le pouvoir de stopper la construction de cette monstruosité au centre-ville.