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L’ambassade de Chine en furie contre le Canada

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L’ambassade de Chine a publié sur son site mardi un message vitriolique contre le Canada au lendemain du vote quasi unanime au parlement reconnaissant qu’un «génocide» a lieu en Chine contre les musulmans ouïghours. 

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Le vote sur la motion conservatrice incluait aussi un amendement demandant au gouvernement de faire pression sur le Comité international olympique pour relocaliser les Jeux d’hiver de Pékin, prévus pour 2022.

«La majorité des députés canadiens qui soutiennent la motion ci-dessus ne sont jamais allés au Xinjiang ni même en Chine. Ils se sont livrés à des manipulations politiques sur des questions liées au Xinjiang sous le prétexte des droits de la personne, dans une tentative d'ingérence dans les affaires intérieures de la Chine et de gagner un bénéfice politique en jouant la carte de la Chine. Quelle hypocrisie et quelle méchanceté!», est-il écrit sur le site de l’ambassade.

Notons que le premier ministre Justin Trudeau ainsi que son cabinet, à l’exception de du ministre des Affaires étrangères Marc Garneau, ne se sont pas présentés au vote. M. Garneau s’est abstenu. 

  • Écoutez l'entrevue de Caroline St-Hilaire avec François Audet, directeur de l’Institut d’études internationales de Montréal et directeur de l’Observatoire canadien sur les crises et l’action humanitaire à l’UQAM, sur QUB radio:    

«[Les députés] essaient toujours de continuer à mettre leur nez dans la Chine du 21e siècle. Quelle arrogance et quelle ignorance! Ils font de l'hypocrisie au sujet des Jeux olympiques d'hiver de Pékin en se basant sur des mensonges politiques et en politisant le sport, ce qui va totalement à l'encontre de la Charte olympique et met en péril les Jeux olympiques et les intérêts des athlètes du monde entier. Quel égoïsme et quelle étroitesse d'esprit!» ajoute l’ambassade.

La Chine a toujours nié qu’un «génocide» avait lieu au Xinjiang, dans l’ouest du pays, malgré de nombreux reportages détaillés de plusieurs médias crédibles et d’organisations pour les droits de la personne à travers le monde qui font état de persécutions de masse contre Ouïghours, des musulmans qui sont majoritaires dans cette région.

Ce vote au parlement a aggravé les relations avec la Chine, tendues depuis l’arrestation à Vancouver de Meng Wanzhou, la directrice financière du géant des télécoms chinois Huawei, à la demande des États-Unis en 2018.

La Chine avait répliqué en arrêtant deux Canadiens, Michael Kovrig et Michael Spavor. Toujours détenus, ils sont accusés d’espionnage en Chine.

«Nous demandons à ces politiciens de faire face à la réalité, de cesser de s'immiscer dans les affaires intérieures de la Chine, de cesser d'utiliser la question du Xinjiang pour défendre leurs propres intérêts et de cesser de se livrer à la farce anti-Chine, sinon ils finiront par s'humilier», conclut le message de l’ambassade de Chine à Ottawa.