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Québec pressé d'entériner l'entente d'indemnisation pour Lac-Mégantic

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Des proches des victimes de Lac-Mégantic pressent Québec de cesser de tergiverser, et d'entériner l'accord conclu entre les créanciers de la Montreal, Maine & Atlantic Railway (MMA) et les survivants de la tragédie.

En vertu du plan d'arrangement avec les créanciers de la MMA, Québec doit superviser le versement de 21 M$ aux proches des victimes et de 18 M$ à la communauté de Lac-Mégantic. Or, la province réclame que les avocats qui ont collaboré au dossier renoncent à leurs honoraires avant de verser l'argent.

Ce délai dérange certains proches comme Jean Clusiault, qui a perdu sa fille Cathy lors du déraillement et de l'explosion du 6 juillet 2013.

«Quand on a signé nos contrats, on savait exactement les pourcentages demandés par nos avocats et on a accepté. Même chose pour les gens qui ont participé au recours collectif», a expliqué M. Clusiault

Ce dernier a précisé qu'il devra verser 33% du montant qu'il doit recevoir en honoraires à son avocat.

Dans une lettre ouverte qu’il a envoyée aux médias, il va plus loin en affirmant que «sans ce bluff politique, le contrôleur Richter Groupe Conseil aurait déjà débloqué le fonds d'indemnisation.»

«C'est clair que le gouvernement fait ça pour récupérer de l'argent et en donner à la Ville de Lac-Mégantic. Je pense que ce n’est pas aux avocats à payer pour ça et ce n’est pas à moi ni aux autres non plus», juge-t-il.

Une opinion partagée par Richard Custeau, qui a perdu son frère dans la tragédie. «Pourquoi sortir des lois de dernières minutes comme ça et imposer ça aux avocats qui travaillent sur ce dossier depuis 8 ans?» s'est-il questionné.

La Ville de Lac-Mégantic avait appuyé la demande de Québec. La mairesse Julie Morin dit comprendre la réaction de certaines victimes.

«En fait, nous, en appuyant ce que le gouvernement proposait, on voulait faire en sorte que le dossier se règle plus rapidement», s'est-elle justifiée.

Ce sera plutôt le contraire qui se produira puisqu’un procureur doit maintenant se pencher sur cette requête du gouvernement.

Parce que le dossier se retrouve devant la cour, le député caquiste de Mégantic, François Jacques, n'a pas voulu faire de commentaires.