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CAQ et cégep anglais: un diachylon sur le bobo

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« Le français dégringole à une vitesse jamais vue », selon Charles Castonguay, auteur du livre Le français en chute libre : la nouvelle dynamique des langues au Québec.

Dans ce contexte, la ministre Mélanie Joly a déposé son document pour moderniser la Loi sur les langues officielles au Canada. Le fédéral reconnaît enfin ce qu’il niait : la situation du français décline. 

On avance.

Trouver des solutions : la loi 101 au cégep ?

Au Québec, le choix du cégep anglais par les allophones est identifié par plusieurs intervenants comme une brèche à colmater. Pour eux, il faut appliquer la loi 101 au cégep.

Comme le rappelait Michel David dans Le Devoir ces derniers jours, selon une étude de l’Institut de recherche sur le français en Amérique de 2010, 91 % des allophones qui vont au cégep en anglais voudraient ensuite s’inscrire dans une université anglaise et 72 % voudraient travailler en anglais. C’était en 2010. Rien n’indique que la tendance se soit inversée, bien au contraire.

En 2016, seulement 53 % des Montréalais déclaraient le français comme langue d’usage. Dans une perspective où l’immigration augmente, le choix des enfants d’immigrants de poursuivre leur vie dans la langue anglaise, bien qu’ils maîtrisent le français, devient de plus en plus préoccupant. Simple logique.

Position tiède de la CAQ

La CAQ serait contre l’application de la loi 101 au cégep et opterait plutôt pour un resserrement des admissions. Avec moins d’étudiants admis dans les cégeps anglais, il y aura quantitativement moins de transferts linguistiques vers l’université anglaise, puis vers l’anglais comme langue d’usage.

A priori, c’est une bonne nouvelle. Il y aurait là pour la première fois une reconnaissance par le gouvernement du Québec que le cégep anglais pose problème.

Mais avec cette solution, la CAQ ne règle pas l’inévitable, elle en ralentit simplement l’échéance. Cela peut être un bon diachylon temporaire, mais cela n’endigue pas le problème de fond. Plusieurs s’attendront à beaucoup plus d’un parti nationaliste.