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Comment tirer son épingle du jeu dans le grand match des REER?

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Il n’y en aura pas de facile avec le choix de nos placements en cette présente campagne REER devant se terminer le lundi 1er mars prochain.

Les placements garantis, tels les dépôts à terme, les certificats de placement garanti (CPG) et les produits à terme d’Épargne Placements Québec (ÉPQ), ne rapportent que des miettes de rendement. Un rendement annualisé du genre 0,60 % (1 an) ; 1,0 % (3 ans) ; 1,35 % (5 ans) avec ÉPQ et les institutions bancaires concurrentes.

En outre, il ne faut pas compter sur la Banque du Canada pour rehausser bientôt son taux directeur, laissant ainsi fort peu d’espoir aux épargnants de voir une remontée du rendement d’intérêt des placements ultraconservateurs.

  • Écoutez la chronique économique de Michel Girard sur QUB radio:

LES OBLIGATIONS

Concernant maintenant les obligations négociables sur le marché obligataire, là aussi l’année s’annonce passablement difficile à cause du niveau plancher des taux d’intérêt.

Si l’année 2020 s’est avérée fort lucrative pour le marché obligataire, avec un rendement de 8,7 % pour l’indice Univers des obligations canadiennes et 11,9 % pour obligations long terme, c’est en raison de la décision de la Réserve fédérale américaine et des autres banques centrales (comme la Banque du Canada) d’abaisser à presque ZÉRO leurs taux directeurs respectifs.

Cela a eu pour impact de faire grimper fortement la valeur marchande des obligations négociables. Je rappelle que la valeur marchande des obligations négociables grimpe lorsque les taux d’intérêt baissent, et vice-versa, elle chute quand les taux d’intérêt montent.

LA BOURSE

Vu les perspectives de faible rendement avec les placements garantis et les obligations négociables, faut-il à tout prix se tourner vers la Bourse pour essayer de rentabiliser son portefeuille REER ?

Pas évident ! Et la raison en est bien simple : les grands indices boursiers de la Bourse américaine et de la Bourse canadienne se négocient présentement à des niveaux records.

On aura beau nous dire que la pandémie de COVID-19 devrait tirer à sa fin en 2021, et que les perspectives de croissance des revenus et des bénéfices des entreprises cotées en Bourse vont s’améliorer au fil de la vaccination mondiale contre la COVID-19, il n’en demeure pas moins que les niveaux élevés des indices boursiers reflètent déjà cette croissance tant souhaitée et attendue.

En 2020, la Bourse canadienne a peut-être rapporté seulement du 5,6 %, mais la Bourse américaine, elle, a pété le feu alors que son principal indice, le S&P 500, a grimpé de 18,4 %. Et que dire des marchés émergents qui ont monté pour leur part de 16,2 %.

Sous prétexte que la Bourse canadienne a enregistré une modeste performance en 2020 à comparer à la Bourse américaine et aux places boursières des marchés émergents, la Bourse de Toronto a-t-elle plus de potentiel à la hausse en 2021 que les marchés américains ?

Restons réalistes et modestes : c’est Wall Street (avec ses indices Dow Jones, S&P 500, Nasdaq et Russell) qui dicte la « grande » tendance boursière de par le monde.

La Bourse canadienne suivra Wall Street. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a plus d’argent à faire avec la Bourse. C’est le niveau de risques qui est élevé pour y parvenir !

LE PORTEFEUILLE ÉQUILIBRÉ

À long terme, les épargnants qui détiennent un portefeuille équilibré ont réussi à tirer leur épingle du jeu... des marchés financiers.

À ce chapitre, je réitère que le « simpliste » portefeuille modèle composé de seulement trois indices a réussi bon an mal an à rapporter un rendement intéressant malgré les nombreuses tempêtes boursières.

Les trois indices que l’on peut acquérir à la Bourse de Toronto sont : l’indice obligataire FTSE Canada univers (symbole boursier XBB) ; l’indice S&P/TSX des actions canadiennes (symbole XIC) ; l’indice des actions mondiales MSCI monde (symbole XWD).  

Supposons que vous déteniez un tel portefeuille équilibré de 100 000 $ répartis comme suit : 

  • 50 000 $ en XBB (obligations canadiennes) 
  • 25 000 $ en XIC (actions canadiennes) 
  • 25 000 $ en XWD (actions mondiales)  

Vous pouvez voir dans le tableau le rendement annualisé que vous auriez obtenu, en date du 31 décembre 2020, selon le nombre d’années. Et la somme d’argent accumulée dans le REER avec un capital initial de 100 000 $.

PAR TRANCHE DE 100 000$
Terme Rendement annualisé % Somme accumulée $
1 an 9,2 9200
3 ans 7,0 22 504
5 ans 7,0 40 255
10 ans 6,8 93 067