/misc
Navigation

Justin traîne le lourd héritage de son père

Coup d'oeil sur cet article

Être fils ou fille de premier ministre ne comporte pas que des avantages.

Celui qui suit doit vivre avec les déclarations heureuses ou malheureuses de celui qui l’a précédé. Ce cas de figure s’applique à Justin Trudeau.

L’héritage de son père, qui éprouvait une profonde aversion pour le nationalisme québécois, est pour le moins controversé. 

À cet héritage pas toujours glorieux s’est ajoutée une autre couche, hier.

La CBC nous apprend, grâce à l’obtention de documents déclassifiés du département des affaires étrangères américaines, que Pierre Elliott Trudeau aurait songé à nuire à l’économie du Québec dans la foulée de l’élection du Parti québécois en 1976. 

En guise de représailles à cette élection historique, le premier ministre du Canada aurait voulu étouffer un peuple qui s’était démocratiquement exprimé dans l’urne. 

Ainsi, Trudeau père aurait demandé à de grands patrons canadiens, dont la puissante famille Desmarais, de couper des jobs ici. L’ambassadeur américain Thomas Enders résume ainsi la stratégie de Pierre Elliott Trudeau afin de mater le PQ. 

  • Écoutez la chronique de l'ancien chef du PQ, Jean-François Lisée, avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

« L’idée serait de faire grimper le taux de chômage actuel de 10 % à 15 % et même 20 % l’an prochain », écrit Enders à ses patrons à Washington.  

Le grand complot industriel a-t-il eu lieu ? A-t-il eu l’effet escompté ? Les données historiques sur le chômage au pays ne permettent pas de tirer cette conclusion.    

Il n’en reste pas moins que ces révélations-chocs sont une autre tache à l’héritage de Pierre Elliott Trudeau au Québec. Éclaboussera-t-elle l’actuel premier ministre ? 

Ce genre d’histoires qu’on déterre du passé ne passionnent pas forcément monsieur et madame Tout-le-Monde.  

Et puis honnêtement, qui se surprend de ce que la CBC nous révèle ? Entre la crise d’Octobre et les enquêtes de la GRC sur les pratiques sexuelles de René Lévesque, il est bien documenté que la fin justifie les moyens pour Ottawa lorsque l’unité du pays est en jeu.  

Cela étant dit, le nom « Trudeau » évoque encore dans l’esprit de nombreux Québécois le mépris du Québec.

Français et politique

Justin Trudeau, par les temps qui courent, se découvre une nouvelle fierté québécoise et un amour du français. Son parti a enfin reconnu l’an dernier – en 2020 – que la position du français est fragile au pays. Un changement de cap difficile à dissocier de ses ambitions politiques ici. 

Trudeau père doit se retourner dans sa tombe en entendant son fils louanger la loi 101. 

Le nationalisme dans lequel se drape le PLC ressemble pour l’instant à un drap mince. Mélanie Joly tente d’en faire une couverture bien épaisse. Mais cela prend des matériaux et de l’argent. La hauteur du financement qui lui sera accordé pour mener à terme sa réforme des Langues officielles fera foi de tout.  

Pour l’instant, les ambitions du gouvernement Trudeau en la matière ne sont que promesses.