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Les fraudeurs à la PCU ont la vie facile

POL-TRUDEAU
Capture d'écran, TVA Nouvelles Justin Trudeau promettait d’être impitoyable avec les fraudeurs des nouveaux programmes.

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Les fraudes à la PCU sont en train de devenir un scandale à plusieurs volets. Nous vivons dans un pays où les victimes de fraude font de l’insomnie pendant que les fraudeurs dorment sur leurs deux oreilles.

Des contribuables se retrouvent devant un calvaire parce que leur identité a été usurpée par des malfaiteurs qui se sont fait verser de la PCU sous leur nom. La plupart le découvrent en recevant les relevés fédéraux en vue de la saison des impôts. Pour obtenir l’annulation des paiements d’impôt en expliquant être victime de vol d’identité, il faut d’abord réussir l’exploit de parler à un fonctionnaire.

Bureaucratie extrême

On manque de mots pour décrire l’engorgement à l’Agence du revenu du Canada. Des heures d’attente au téléphone, voilà le triste sort des victimes de fraude. Une mère de famille qui a témoigné cette semaine à TVA a vécu l’horreur d’avoir trois de ses enfants fraudés, en plus d’elle-même. Elle a dû quitter temporairement son emploi pour régler sa situation avec le gouvernement.

Je n’en croyais pas mes oreilles d’apprendre qu’une mère qui a finalement la ligne pour parler à un employé de l’Agence du revenu ne peut pas régler son dossier et celui de ses enfants : « Un dossier par appel, madame ! Raccrochez et rappelez ! » Belle annonce lorsque vous savez que l’attente pour entrer en contact avec un employé de l’Agence se compte en heures.

Triste à dire, mais l’État a bien peu de considération pour les calvaires bureaucratiques qu’il fait vivre à ses citoyens. Attends, arrange-toi, conforme-toi à nos procédures ! 

À l’autre bout du spectre de la fraude, il y a les malfaiteurs. Pendant que les victimes jouent au jeu des serpents et échelles avec leur gouvernement, sous le gros stress, les fraudeurs se la coulent douce. Ils n’ont pas la police aux fesses, on se demande même s’il y a vraiment des enquêtes pour leur mettre le grappin dessus.

On entend toutes sortes d’hypothèses concernant les fraudeurs. Dans les milieux policiers, on raconte que les gangs de rue pourraient avoir empoché des millions en utilisant de fausses identités. Des experts en sécurité informatique croient que des voleurs pourraient être localisés à l’extérieur du Canada et avoir volé de la PCU en utilisant l’identité volée de citoyens canadiens.

Incurie

On ignore qui ils sont, mais ce qu’on sait, c’est à quel point ils ont eu la partie facile. En créant le programme, Justin Trudeau expliquait que la PCU serait facile à obtenir, vu l’urgence, mais que le gouvernement serait intraitable avec ceux qui oseraient frauder. C’est faux.

Les fraudeurs ont la vie si facile que certains n’auraient même pas pris la peine d’ouvrir des comptes de banque distincts pour chaque versement frauduleux. On réclame de la PCU sous plusieurs identités volées, et on fait verser tout ça dans le même compte. 

Les banques ne voient rien. Le gouvernement non plus. Youpi !

Une incurie qui nous coûtera des milliards, en plus de gâcher la vie d’honnêtes citoyens.