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Les pee-wee aux commandes du tramway

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Québec étant une ville de tradition, on s’ennuie des pee-wee du Carnaval qui nous visitent habituellement en février.

Pour nous consoler, nos députés de la CAQ nous offrent dans le dossier du tramway le spectacle de joueurs novices ayant encore beaucoup de maturité à prendre une commandite de l’ensemble des contribuables québécois.

Dix ans de travail

Ça fait plus d’une décennie qu’on réfléchit à la bonne structure de transport en commun pour développer la capitale. Le consensus de ceux qui connaissent la science et la ville, c’est qu’il faut une longue colonne vertébrale de tramway pour rabattre le trafic et les autobus vers elle.

Dix ans de travail, ça n’empêche pas les détracteurs du projet de prétendre qu’il a été dessiné sur un napperon de chez Normandin. Les députés de la CAQ se sont donc mis à barbouiller dessus au crayon de cire, comme un enfant qui attend ses croquettes de poulet.

Pendant ce temps, le compteur tourne. L’inflation et la surchauffe dans la construction font en sorte que le coût du projet augmente chaque mois. La vice-première ministre pense que ça peut attendre 2023.

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve sur QUB radio:

« No way tramway »

Sous prétexte de mieux desservir les banlieues, le tramway n’irait donc plus en banlieue. On a hâte de voir les parlementaires Geneviève Guilbault et Jonatan Julien expliquer à leurs électeurs que pour eux, c’est l’autobus que ça prenait. Leur collègue Éric Caire sera content, lui qui hurlait jadis « no way tramway » comme s’il était au Colisée.

Les députés de la CAQ nous expliqueront pourquoi c’est correct que le gouvernement finance les dépassements de coûts de 36 % du REM à Montréal, alors qu’une rallonge de 13 % au budget du tramway, c’est trop pour desservir les banlieues de Québec.

En cherchant à ménager, on paiera finalement plus cher, parce que pendant que l’entraîneur Legault regarde ses pee-wee patiner sur la bottine, la facture monte. 

On espère au moins que les partisans dans les estrades seront contents. Surtout que ceux qui ne sont pas dans l’aréna paieront encore bien après la fin du Carnaval.