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Outaouais: une méthode «improvisée» aura fauché la vie d’un travailleur

Outaouais: une méthode «improvisée» aura fauché la vie d’un travailleur
PHOTO COURTOISIE/CNESST

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Une méthode de travail «improvisée» et «dangereuse» aura coûté la vie à Martin Mercier, un travailleur de la construction décédé le 19 août 2020 à Déléage, une municipalité située à quelques kilomètres à l'est de Maniwaki, en Outaouais. 

Le jour de l’accident, la victime de 42 ans se trouvait sur un chantier de construction en bordure de la route 107 où il devait surveiller le déplacement d’une maison. Une chaîne accrochée aux extrémités de deux poutres d’acier supportant le bâtiment était reliée à un bulldozer par le câble du treuil.

Peu avant le début des manœuvres, Martin Mercier est descendu au fond de l’excavation afin de vérifier l’alignement des poutres. Tandis que le bulldozer tirait la maison, une d’entre elles a cédé, projetant l’assemblage câble-chaîne-crochet vers la tête du travailleur qui ne portait pas de casque.

L’homme a été immédiatement transporté à l’Hôpital de Maniwaki où son décès a été confirmé quelques jours plus tard.

Outaouais: une méthode «improvisée» aura fauché la vie d’un travailleur
PHOTO COURTOISIE/CNESST

Improvisation

Dans leur rapport daté du 12 février dernier, les enquêteurs Jean-Charles Marengère et Geneviève Cadotte de la Commission des normes, de l'équité, de la santé et de la sécurité du travail (CNESST) concluent que la méthode de travail utilisée pour déplacer la maison était improvisée et que la surveillance était dangereuse, car une personne se trouvait dans la zone de projection de l’assemblage.

À la suite d’une première tentative de déplacement infructueuse, le responsable du chantier, Aurèle Lafrenière, a fait appel à un sous-traitant, Carrières Beauregard et Fils de Messines. Dans le rapport, on peut lire que les deux entités «se fient à leur expérience. Aucun calcul de capacité de charge n’est effectué et il n’y a aucun plan pour le déplacement de la maison».

Qui plus est, les trous aux extrémités des poutres d’acier ont été faits de façon artisanale à l’aide d’une torche.

Travaux suspendus

À la suite de l'accident, la CNESST a ordonné aux maîtres d’œuvre, soit les propriétaires de la maison ainsi qu’Aurèle Lafrenière, la suspension des travaux afin qu’ils élaborent une méthode de travail et de surveillance des travaux sécuritaire, approuvée par un ingénieur.

À ce jour, aucune mesure corrective n’a été prise et le chantier est toujours inactif.