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Une facture astronomique pour les navires de combat canadiens

yves Giroux
Photo Christopher Nardi Yves Giroux, le directeur parlementaire du budget

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Les coûts liés au renouvellement de la flotte de combat canadienne ont encore une fois connu un bond considérable, puisque la facture finale pourrait désormais atteindre 77,3 milliards $ pour l’achat de 15 navires. 

En 2008, le budget initial pour ce programme avait été fixé à 26,2 milliards $. Près d’une décennie plus tard, en 2017, le directeur parlementaire du budget (DPB) avait évalué à près de 62 milliards $ le coût des navires.

Puis, en 2019, une nouvelle estimation du DPB avait révisé à la hausse le coût du programme, cette fois à 69,8 milliards $.

Les 77,3 milliards $ maintenant prévus représentent une augmentation de 11 % par rapport aux estimations formulées en 2019.La facture pourrait passer à 79,7 milliards de dollars advenant un retard de construction d’un an et à 82,1 milliards de dollars si le retard est de deux ans.

Selon le rapport du DPB publié mercredi, cette hausse s’explique en partie par l’inflation, mais aussi par une augmentation dans les tarifs liés à la main-d’œuvre et, de manière plus importante encore, à l’agrandissement de la taille des navires.

La Défense en désaccord

Le ministère de la Défense a indiqué dans un communiqué qu’elle estimait toujours que les coûts de ces 15 navires seront de 56 à 60 milliards $.

Cette différence entre les deux estimations est attribuable, selon le ministère, à l’inclusion de la taxe provinciale de 10 % incluse dans le calcul du DPB, ainsi que sur un «plus grand accent sur les coûts liés au poids» des navires.

Le ministère a défendu vigoureusement son plan d’achat.

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Le Bloc

Estimant que le projet est un véritable «gouffre financier», la porte-parole du Bloc québécois en matière d’Approvisionnement et de Services publics, Julie Vignola, a dénoncé la décision d’Ottawa de faire construire ses futurs navires par les Chantiers Maritimes Irving, à Halifax, plutôt qu’au chantier Davie, à Québec.

«Le gouvernement préfère payer ses navires trois fois plus cher plutôt que de confier la construction navale au Québec. La situation a assez duré. On a l’expertise, l’expérience et l’espace physique au Québec: il est grand temps que le fédéral accorde des contrats au chantier Davie plutôt que de continuer à jeter notre argent par les fenêtres», a-t-elle déclaré.

Les premières livraisons attendues pour 2030

Le programme a pour but de remplacer des frégates de patrouille et les contre-torpilleurs.

Le Canada s’attend à ses premières livraisons aux environs de 2030, alors que la livraison du 15e navire est projetée pour 2044-2045.

Les éléments de coût dans ces catégories comprennent la conception, la gestion de projet, la production, les munitions, les infrastructures et installations, la formation et les essais, ainsi que les pièces de rechange pour deux ans.