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LHJMQ: lassés du télétravail

Les recruteurs veulent avoir accès aux arénas pour épier les meilleurs espoirs

Bulle lhjmq
Photo courtoisie LHJMQ, Jonathan Roy Une rencontre entre les Tigres de Victoriaville et les Cataractes de Shawinigan dans l’environnement protégé du Centre Vidéotron.

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Obligés de se tourner vers leur écran depuis le début de la pandémie pour continuer à faire leur boulot, les recruteurs affectés au territoire de la LHJMQ veulent obtenir la permission des autorités de santé publique pour avoir de nouveau accès aux amphithéâtres aux quatre coins du Québec. 

Après presque un an d’évaluations à distance des joueurs de la prochaine génération, les recruteurs amateurs québécois estiment que la situation actuelle de la pandémie pourrait permettre un assouplissement à leur égard. 

Les recruteurs sont contraints de décortiquer sur vidéo les traits des espoirs depuis que la LHJMQ a commencé à organiser ses événements en environnement protégé avec l’accord de la Santé publique, en novembre dernier. Les seuls moments où ils ont pu assister en personne aux matchs ont eu lieu à l’automne lorsque certaines régions n’étaient pas en zone rouge.

En contrepartie, ceux-ci peuvent se rendre au Centre Bell lors des parties du Canadien et du Rocket de Laval, où ils doivent se soumettre à un protocole strict. Idem pour les membres des médias : ceux affectés à la couverture du hockey junior sont en mode télétravail alors que ceux gravitant autour du Tricolore bénéficient d’un siège réservé sur la galerie de presse bien que les entrevues se fassent en visioconférence.

« On suit l’évolution de la pandémie et comprenait très bien qu’on n’ait pas eu accès lors de la première bulle [en novembre au Centre Vidéotron], explique Jean-Philippe Glaude, à l’emploi des Predators de Nashville. Là où on a un peu de misère en voyant comment évolue positivement la situation, on se demande pourquoi il n’y a pas moyen d’encadrer notre présence à ces matchs et d’effectuer notre métier? »

  • Écoutez Jean-Philippe Glaude avec Jean-François Baril dans l'Avantage Numériq, sur QUB Radio:

« Je ne peux pas aller voir un match entre deux clubs juniors dans une bulle protégée avec les mêmes consignes, mais je peux aller voir le Rocket et le Canadien, souffle son collègue Patrick Lachance, qui œuvre pour les Flames de Calgary. On a des questions et on aimerait avoir des réponses. »

Différent d’un endroit à l’autre

Plutôt discrets à l’habitude, les recruteurs interrogés ont décidé de dénoncer la situation au moment où la Ligue de l’Ouest s’apprête à reprendre ses activités en Alberta.  

Là-bas, deux recruteurs par équipe de la LNH pourront s’asseoir dans les gradins en respectant les mesures sanitaires comme le port du masque en tout temps, la distanciation physique et l’obligation de remplir un formulaire de présence 24 heures avant le début du match. 

« Mon recruteur-chef vient de m’appeler et il songe à m’envoyer dans l’Ouest parce que je ne peux pas voir de matchs en personne ici », a confié Glaude, qui figurait parmi les rares spectateurs lors des derniers matchs du Rocket, où il devait porter des lunettes protectrices pendant ses déplacements. 

Tant Lachance que Glaude ont rappelé l’importance pour leur confrérie d’observer les espoirs en situation de jeu sur place plutôt que devant leur ordinateur. La vidéo a ses limites pour livrer un rapport détaillé. 

« Les avantages d’analyser un match en personne sont [nombreux], a souligné Patrick Lachance. J’ai un meilleur jeu d’ensemble, je peux ressentir pas mal plus la vitesse de jeu que je peux adapter à l’évaluation du joueur. De plus, la qualité de la webdiffusion fluctue, ce qui affecte notre évaluation. »

« Tu ne peux pas faire 80 % [d’analyses] de vidéo, assister à 10 matchs et faire un repêchage, a avoué Jean-Philippe Glaude. La priorité est que les kids jouent, mais avec la tangente que ça prend, il y a certainement moyen d’encadrer notre présence. »

En attente

Questionnée par Le Journal, la LHJMQ dit avoir soumis un nouveau protocole de matchs à la Santé publique qui inclut la présence des recruteurs et des médias dans ses arénas. Le ministère de la Santé et des Services sociaux n’avait pas donné suite à nos demandes par courriel au moment d’envoyer ces lignes.