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Les trois erreurs de Justin Trudeau

Trudeau
Capture d'écran TVA Nouvelles

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Là où il n’y a pas de risque, il n’y a pas de courage.

À quand remonte la dernière manifestation de courage politique de Justin Trudeau ?

Il n’y a rien de courageux, par exemple, dans le fait de s’excuser pour des injustices commises par les gouvernements canadiens du passé.

Les cyniques évoqueront la fois où Trudeau est monté sur un ring de boxe pour affronter Patrick Brazeau.

  • Écoutez la chronique de Joseph Facal avec Sophie Durocher sur QUB Radio :

Motion

Regardez ce qui s’est passé cette semaine.

La motion reconnaissant que la Chine pratique un génocide à l’encontre des Ouïghours a été adoptée par le Parlement fédéral par 266 voix contre zéro.

La Convention de l’ONU sur le génocide définit celui-ci comme la détention, les sévices, les déplacements, la stérilisation et la mise à mort « dans l’intention de détruire, ou tout, ou en partie, un groupe national, ethnique, racial ou religieux ».

C’est exactement ce qui se passe en Chine.

Mais ce qui aurait dû être un moment solennel a été transformé en fiasco par Justin Trudeau.

Et cela pour trois raisons.

Tous les députés libéraux présents ont voté pour la motion. Les ministres, eux, se sont abstenus.

Le premier des trois problèmes nous ramène à la notion de courage évoquée plus haut.

Les ministres de Justin Trudeau ne se sont pas seulement abstenus. Ils étaient carrément absents. 

Vous souhaitez vous abstenir lors d’un vote ? Vous vous levez et vous expliquez pourquoi.

Mais non, ils se sont tous déguisés en courant d’air, sauf Marc Garneau, chargé de faire l’annonce. 

Le deuxième problème est le pitoyable petit calcul politique pour essayer d’avoir le beurre et l’argent du beurre.

Trudeau laisse ses députés voter, mais pas ses ministres.

Voyez-vous l’« astuce » ?

Trudeau veut pouvoir dire au monde entier que le Canada est solidaire des Ouïghours, puisque son Parlement fédéral l’a ainsi décidé. 

Mais l’absence des ministres est un message envoyé à la Chine.

Trudeau dit à Pékin : voyez, je suis conscient de l’importance de notre relation, je laisse donc les députés se faire plaisir, mais je n’ai pas voulu que le gouvernement se joigne à ce que vous jugez comme une provocation.

C’est le genre de subtilité que la Chine voit venir des kilomètres d’avance et méprise totalement, comme l’a montré la réaction furibonde de l’ambassadeur chinois à Ottawa.

Pour Pékin, les Ouïghours sont dans des « centres de formation professionnelle ».

Arroseur arrosé

Le troisième problème exige un retour en arrière.

En juin 2019 fut dévoilé le rapport de l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées au Canada, une brique de 1200 pages dont certains passages font dresser les cheveux sur la tête.

Fallait-il, dans ce cas, parler d’un génocide ? La question divise les spécialistes.

Mais Justin Trudeau, lui, n’hésita pas : oui, le Canada était coupable de génocide.

Dès lors, il est délicat aujourd’hui d’accuser les autres de ce que vous reconnaissez avoir fait vous-même.

J’allais oublier : que fit Justin ensuite, concrètement, sur la question autochtone ? Devinez...