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L’info, priorité de la SRC? Mon œil!

Catherine Tait
Photo courtoisie Catherine Tait

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Quelles que soient les circonstances ou les questions, Radio-Canada a toujours raison.

Après avoir passé en revue les dernières audiences du CRTC pour le renouvellement des licences de Radio-Canada, j’ai eu la pénible impression d’un « copier-coller ». À chacune de ses comparutions devant le CRTC, une commission d’études ou un comité parlementaire, le diffuseur public a réponse à tout et se tire de chaque piège comme Houdini. 

Au dernier jour des audiences du CRTC, la PDG, Catherine Tait, a renvoyé dos à dos tous les intervenants qui l’avaient précédée. Comme tous ses prédécesseurs depuis trois décennies, elle a brandi l’ineffable mandat de Radio-Canada : « renseigner, éclairer et divertir ». Muni d’un tel bouclier, on peut repousser toutes les critiques.

Qu’il y ait unanimité des intervenants sur une question ou sur une autre, Radio-Canada n’en a cure. Mais lorsqu’il s’agit d’accueillir des thèmes à la mode comme la parité des genres, la diversité, l’inclusion ou la lutte au racisme, on ouvre grands les bras. Ces initiatives vertueuses n’altérant pas le cours de ses pratiques, Radio-Canada les accepte d’emblée, même qu’elle les invite. Ne sont-elles pas souveraines pour l’image de la société ?

L’ABANDON GRADUEL DE LA PUBLICITÉ

Radio-Canada a accueilli froidement la recommandation du comité Yale sur l’abandon graduel de la publicité, à commencer par les émissions de nouvelles. Cette recommandation, qui est loin d’être la première du genre, avait pourtant fait l’unanimité de presque tous les intervenants. Sans surprise, les diffuseurs privés l’avaient cautionnée avec enthousiasme, même si ce n’est pas tout à fait le rôle du CRTC de décider de l’affaire.

Malgré cet appel généralisé pour que Radio-Canada modère sa gourmandise pour la publicité, madame Tait a profité des audiences pour défendre bec et ongles Tandem, son nouveau gadget publicitaire, décrié par son propre personnel à Toronto comme à Montréal. Abandonner la publicité au moins durant les principaux téléjournaux serait donc si douloureux ? Même si on devait y arriver en éliminant un quiz, une émission de variétés ou même une série, le manque à gagner n’entraînerait ni la ruine de Radio-Canada ni la réprobation des téléspectateurs.

Pareille décision aurait le mérite de démontrer que la société d’État est à l’écoute de son auditoire, qu’elle reconnaît l’importance de ne pas faire la sourde oreille aux requêtes répétées de millions de Canadiens. Il serait aussi plus facile de prêter foi à la direction de CBC/Radio-Canada lorsqu’elle répète à chaque occasion que l’information est sa priorité.

AU MOINS EUX SONT ZÉLÉS !

Quand je vois le temps qu’occupent les messages publicitaires dans Le téléjournal, quand je constate qu’en plus des multiples pauses publicitaires qui interrompent cinq ou six fois par heure la plupart des émissions, quand je vois qu’on se permet en plus des bandeaux publicitaires et des promotions qui cachent une partie de l’écran, force m’est de conclure que les 300 personnes chargées de siphonner les annonceurs sont sûrement les employés les plus zélés de Radio-Canada.

Ce n’est pas parce que l’information s’améliorait que Tony Burman, directeur de l’information au réseau anglais, a quitté la CBC en 2007. Ce n’est pas non plus pour donner plus d’importance à l’information qu’en 2012, Alain Saulnier, directeur de l’information au réseau français, a été brutalement congédié.

Si l’information était à CBC/Radio-Canada la priorité que l’on prétend, l’un et l’autre de ces deux journalistes émérites seraient encore en poste. Et jamais, on n’aurait saucissonné Le téléjournal pour y introduire des messages commerciaux.