/opinion/columnists
Navigation

Au nom de la race

Coup d'oeil sur cet article

Les « racialistes » et autres zélotes qui s’opposent à toute appropriation culturelle possèdent une vision simpliste et définitive de la société. On peut la résumer ainsi : les Blancs s’occupent des Blancs et les Noirs des Noirs.

C’est la lecture que les militants – on s’y attendait, je l’espère – font de la nomination de Benoît Charette, ci-devant ministre de l’Environnement, au poste de ministre responsable de la Lutte contre le racisme. 

Ce fut un cri du cœur mercredi. Comment un Blanc peut-il être ministre menant la lutte contre le racisme au Québec ? Nous sommes donc dans un cul-de-sac. Dès qu’il s’agira de gérer des domaines qui regroupent des immigrants et des communautés culturelles en général, faudra-t-il nommer à la tête de l’organisme uniquement quelqu’un qui est issu de leurs rangs ?

De petits malins ont cru bon de rappeler au premier ministre que le ministère de la Condition féminine est réservé à une femme. Mais c’était absurde de faire une telle comparaison, car les femmes ne sont pas une minorité. Elles représentent la moitié de la population de la planète. Les féministes qui comparent le combat des femmes pour l’égalité au combat des minorités, quelles qu’elles soient, font erreur. Cela n’est pas de la même nature.

Seconde classe

Dans aucun pays au monde les femmes ne sont minoritaires, mais elles sont traitées en citoyennes de seconde classe au nom de la religion et d’une conception masculine infâme. 

Des porte-voix médiatiques racialisés, qui, précisons-le, ne représentent officiellement personne d’autre qu’eux-mêmes rejettent les propos du premier ministre Legault. Celui-ci a déclaré, « Ce n’est pas parce que quelqu’un est parmi le groupe qui est victime que nécessairement, la personne est mieux placée pour lutter ». 

À l’évidence, Benoît Charette aura pour mission de combattre le racisme qui existe à l’endroit des Noirs chez une minorité relativement importante de Québécois de souche et même parmi les membres des communautés culturelles.

Or des opposants au nouveau ministre refusent d’admettre que Benoît Charette, dont l’épouse est d’origine haïtienne et qui est père de trois enfants métissés, a la compétence et la sensibilité pour saisir et débusquer le racisme ordinaire. 

Découvrez À haute voix, une série balado sur les enjeux de la société québécoise contemporaine, par Denise Bombardier.

Rage

Les forts en gueule « racialistes », dont raffolent les médias, ne cessent de dénoncer les Québécois blancs. Et ils ne font pas l’économie de leur agressivité et de leur rage. Si bien que, dans la majorité québécoise, plusieurs réagissent mal à leurs attaques, qui basculent trop souvent dans la généralisation.

Non, le refus du gouvernement du Québec d’admettre le concept idéologique de racisme systémique n’est pas une preuve de racisme. Le gouvernement l’admet après tout dans le cas des autochtones envers qui cela s’applique depuis toujours. 

Nous ne réglerons jamais le racisme présent au Québec en enfermant tous les citoyens dans des avenues racialisées sans issue. 

Les idéologues du racisme systémique sont des agitateurs permanents, qui croient pouvoir mater les Blancs « colonialistes » qu’ils enferment dans le même sac. Nous ne savons rien du type de société qu’ils souhaitent afin que nous puissions partager des valeurs communes. Leur vision sociale, par contre, est faite d’affrontements, d’exacerbations et, disons-le, de haine de l’Autre.