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Plombée par l’immobilier

La deuxième pire performance de l’histoire d’Ivanhoé Cambridge

REMÈDES - distanciation
Photo d'archives, Agence QMI La performance négative de la filiale Ivanhoé Cambridge est ce qui a tiré vers le bas la Caisse de dépôt.

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Frappé de plein fouet par la pandémie, le secteur de l’immobilier aura été le principal responsable de la performance modeste de la Caisse de dépôt et placement du Québec au cours de la dernière année.

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Fortement engagée dans la propriété de tours à bureaux et de centres commerciaux, Ivanhoé Cambridge a présenté jeudi un rendement négatif record de -15,6 % en 2020, sa pire performance après celle de 2008 (-20,9 %).

« Ç’a été évidemment une année difficile, a reconnu sa PDG, Nathalie Palladitcheff. Mais est-ce qu’on a fait tout ce que l’on pouvait et tout ce qu’on devait dans les circonstances ? Ma réponse est oui. »

Au 31 décembre, la filiale de la Caisse a réalisé dans les faits un rendement neuf fois inférieur à son indice de référence de -1,7 %. En 2019, le portefeuille immobilier de la Caisse, dont l’actif sous gestion dépasse les 60 G$, avait réalisé un rendement de -2,7 %, tandis que son indice de référence avait bondi, lui, de 1,4 %.

L’écart marqué entre sa performance et celui de son indice de référence s’expliquerait principalement par une « surpondération » de son portefeuille dans le secteur des centres commerciaux, confrontés tant à la pandémie qu’à la montée rapide du commerce électronique.

Lente conversion

À pareille date l’an dernier, sa PDG avait clairement indiqué vouloir réduire son exposition dans les secteurs du bureau et des centres commerciaux pour se concentrer vers des actifs plus prometteurs, tels que le commerce électronique et logistique. 

Ivanhoé comptait alors 46 centres commerciaux, dont 25 au Canada. Douze mois plus tard, elle n’a réussi à se départir que de 2,8 G$ d’actifs, dont un seul centre commercial, en Colombie-Britannique, et deux immeubles de bureaux, à Seattle. Résultat, son exposition au marché du bureau est demeurée la même (à 23 % de son portefeuille), tandis que celle des centres commerciaux est passée de 22 à 17 %. 

Comparant les actifs immobiliers à des paquebots dont il n’est pas facile de se départir, Mme Palladitcheff a fait valoir que la vente d’actifs ne pouvait se faire qu’au rythme proposé par le marché. 

À court terme, elle espère les effets positifs du vaccin sur la vie des centres-villes et une poursuite de la croissance de son exposition au secteur de la logistique, représentant aujourd’hui 16 % de son portefeuille. 

Un portefeuille immobilier en transformation 

Classes d'actifs  2019 2020
Bureaux 23 % 23 %
Centres commerciaux 22 %  17 %
Résidentiel 15 % 16 %
Industriel et logistique  13 % 16 %
Fonds, société par actions 23 % 26 %
Hôtels et autres  4 % 2 %