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Barrage du Site C: les chefs de Premières Nations révoltés de la poursuite du projet

Barrage du Site C: les chefs de Premières Nations révoltés de la poursuite du projet

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La poursuite du projet de barrage hydroélectrique du Site C confirmée vendredi par le gouvernement Horgan a rencontré une forte opposition de l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique (UBCIC), qui y voit une violation de leurs droits. 

«Le barrage du Site C n’a jamais obtenu le consentement libre, préalable et éclairé de toutes les Premières Nations touchées, et la réalisation du projet constitue une violation manifeste des droits issus de traités de la Première Nation de West Moberly», a ainsi déclaré par communiqué le trésorier de l’UBCIC, Judy Wilson.

Les chefs ont notamment avancé que la poursuite de ce projet pourrait présenter des risques d’inondation de lieux de sépulture du peuple Dane-zaa.

«Les propres rapports de BC Hydro reconnaissent que les lieux de sépulture sont associés à l’histoire orale du Traité 8 en lien à l’épidémie de grippe de 1919», a précisé le vice-président de l’Union, chef Don Tom.

En plus de reprocher le manque d’implication des Premières Nations dans les prises de décision, l’Union des chefs indiens de la Colombie-Britannique a condamné la hausse des coûts du projet et son impact environnemental.

«Le gouvernement Horgan a commis une erreur de jugement monumentale en s’attaquant à ce fléau honteux d’un projet. [...] Les dommages environnementaux massifs qu’aura le barrage du Site C sont démontré rapport après rapport», s’est indigné le grand chef Stewart Phillip, président de l’UBCIC.

Les chefs jugent également qu’il n’est pas nécessaire de produire plus d’électricité dans la province, alors que la consommation n’aurait pas augmenté depuis 2007.

Il ne s’agit pas ici de la première opposition au projet de barrage, alors que le Comité des Nations Unies pour l’élimination de la discrimination raciale avait déjà demandé au Canada de suspendre toute avancée tant que le consentement ne serait pas obtenu.

«Mettre en danger l’intégrité et le potentiel de la Déclaration sur les droits des peuples autochtones en poursuivant un projet qui n’a tout simplement pas de consentement est un dangereux précédent et ne sera pas oublié», a souligné le chef Tom.

Un projet revu à la hausse

Le gouvernement provincial a annoncé vendredi une révision de l’estimation des coûts pour terminer le projet, qui sont maintenant évalués à près de 16 milliards $, soit le double des investissements prévus au départ.

«Annuler [le projet] entraînerait une montée en flèches des tarifs de l’électricité. [...] Le Site C est déjà terminé à 50 % et notre gouvernement achèvera ce projet, garantissant aux Britanno-Colombiens une électricité propre et abordable pour les décennies à venir», a fait savoir par communiqué le premier ministre John Horgan.

Le barrage sur la rivière de la Paix sera également mis en service avec un an de retard, la livraison étant désormais prévue pour 2025.