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Cuba: le dissident José Daniel Ferrer remis en liberté

Cuba: le dissident José Daniel Ferrer remis en liberté
AFP

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Le dissident cubain José Daniel Ferrer a annoncé avoir été remis en liberté dix heures après son arrestation vendredi par la police, ajoutant qu’une juge lui a ordonné de mettre fin à ses activités politiques. 

Le dissident s’est dit victime «d’une arrestation violente et arbitraire», dans une vidéo diffusée sur la chaîne YouTube du groupe d’opposition interdit qu’il préside, l’Union patriotique de Cuba (Unpacu).

José Daniel Ferrer, qui purge actuellement une peine de quatre ans et demi d’assignation à résidence à Santiago de Cuba, à 900 kilomètres au sud-est de La Havane, est l’un des opposants les plus connus parmi ceux qui ont choisi de rester à Cuba plutôt que de s’exiler.

Il faisait partie des 75 prisonniers politiques arrêtés lors de la vague de répression du Printemps noir en 2003. Il avait été libéré, en 2011, à la suite d’une médiation de l’Église catholique qui avait permis, au total, l’élargissement de plus de 130 prisonniers politiques, dont la plupart étaient partis en exil en Espagne. Douze d’entre eux, dont M. Ferrer, avaient décidé de demeurer à Cuba pour poursuivre leurs activités d’opposants.

Le dissident a déclaré, dans la vidéo, avoir été interrogé par une juge qui l’a prévenu qu’il serait emprisonné s’il ne mettait pas fin à ses activités politiques.

«Ma réponse a été: mets-moi en prison tout de suite et multiplie la peine par 20, parce que ces quatre petites années et demie, c’est une plaisanterie», a-t-il lancé.

Selon des militants du groupe dissident, des policiers ont encerclé, vendredi matin, la maison de M. Ferrer, dans le quartier d’Altamira à Santiago de Cuba, avant d’y pénétrer et de l’emmener par la porte de derrière.

Sur la façade de sa maison, qui est également le siège de l’Unpacu, M. Ferrer avait peint les mots «Patria y Vida» («Patrie et Vie»), évoquant le titre d’une chanson de rappeurs cubains devenue virale sur les réseaux sociaux et qui prend le contrepied du slogan révolutionnaire «Patria o muerte». Le gouvernement socialiste de La Havane l’a dénoncée comme une provocation.

M. Ferrer et trois autres membres de son groupe avaient été emprisonnés de mars 2019 à avril 2020 avant de voir leurs peines commuées en détention à domicile pour des durées de quatre à cinq ans.

Le système politique cubain n’admet qu’un parti, le Parti communiste, et considère l’opposition comme illégale. Le gouvernement accuse les dissidents d’être financés par le gouvernement américain pour provoquer la chute du socialisme sur l’île.