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Joueur de centre recherché

Canadien contre Canuck
Photo d'archives, Pierre-Paul Poulin Malgré toute la bonne volonté du monde, Nick Suzuki n’est pas prêt à assumer le rôle d’un vrai centre de premier trio pour le Canadien, cette année.

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La présente séquence du Canadien met en lumière un problème qu’on croyait pourtant réglé : l’équipe n’a actuellement pas une ligne de centre capable de rivaliser avec les meilleurs joueurs de cette position.

C’est devenu d’autant plus flagrant lorsque l’équipe a affronté les Maple Leafs de Toronto avec Auston Matthews et John Tavares, ou plus récemment les Jets de Winnipeg avec Mark Scheifele.

Ces formations de tête ont une ligne de centre établie. Tu sais qui sont leurs meilleurs et ils jouent comme les meilleurs, soir après soir. À Montréal, d’un match à l’autre, ça change. 

En début de saison, on croyait Nick Suzuki capable de s’acquitter les responsabilités d’un premier centre, mais on réalise de plus en plus que ce n’est pas le cas en ce moment. 

Quant à Jesperi Kotkaniemi, c’est dommage, mais la division Nord nous rappelle encore plus à quel point le Canadien aurait dû jeter son dévolu sur Brady Tkachuk au troisième rang du repêchage de 2019. Le jeune KK devra vivre avec ces comparaisons toute sa carrière puisqu’il aura Tkachuk dans les pattes très souvent.

DUBOIS IMPRESSIONNE

Tout ça fait en sorte qu’on voit maintenant pourquoi Marc Bergevin a été aussi agressif dans le dossier Pierre-Luc Dubois. 

Je le regardais jouer, jeudi soir contre le Canadien, et l’équipe n’a aucun joueur de centre dans son alignement actuellement qui sera aussi bon que le nouveau membre des Jets. Il est gros, fort et intelligent. Je le regardais jouer et j’avais l’impression qu’il prenait la moitié de l’écran tellement il en imposait.

Oui, je sais, il joue à l’aile gauche en ce moment avec Scheifele et Blake Wheeler, une décision intelligente de la part de l’entraîneur Paul Maurice qui n’a pas voulu créer de conflit avec Paul Stastny en l’envoyant directement sur le troisième trio.

Mais Dubois va retourner au centre à un moment ou à un autre et les Jets feront partie de ces équipes dominantes au centre pour de nombreuses années.

PRICE ET WEBER

Est-ce que la ligne de centre est la cause de tous les maux ? Bien sûr que non. Les problèmes du CH sont plus profonds que ça.

Évidemment, la tenue de Carey Price en fait partie. En ce moment, celui qu’on continue de vanter comme le meilleur de la ligue ne fait pas la différence. Quand tu traverses une passe difficile, tu as besoin de tes leaders pour t’en sortir.

Jeudi, le Tricolore menait 3 à 1 sur les Jets avant de s’effondrer. Dans les circonstances, Price se devait de tenir le coup, de démontrer qu’il mérite le titre de joueur de concession et le lucratif contrat qu’on lui a octroyé. Encore une fois, il ne l’a pas fait.

Il y a deux ans, je me suis fait crier des bêtises au lendemain d’une chronique publiée dans ces pages dans laquelle je soumettais l’idée de se départir de Price et du capitaine Shea Weber via le marché des transactions. À ce moment, la valeur des deux joueurs était encore potable et je trouvais qu’il aurait été intelligent d’en profiter avant d’avoir à vivre avec des joueurs vieillissants au lourd contrat.

À la lumière de ce que l’on voit aujourd’hui, je suis encore davantage rassuré sur ma position de l’époque. Après le match de jeudi, Price semblait à bout de nerfs, agacé par les questions des journalistes.

Je pense qu’on devrait arrêter de lui parler, ça ne sert personne.

DUCHARME

Il y a du positif, quand même. J’ai aimé la gestion de Dominique Ducharme à son premier match derrière le banc de l’équipe. J’ai été d’accord avec toutes les décisions qu’il a prises.

De faire confiance aux vétérans, dont Price, et de revenir avec des trios qui ont fonctionné dans le passé était la chose à faire.

D’ailleurs, quand les entraîneurs disent ne pas lire les journaux ou regarder les bulletins de nouvelles sportifs, c’est un mensonge plein et entier. Toutefois, en ce moment, j’espère que Ducharme ne le fait pas.

Je n’ai jamais vu autant d’analyses dans ma carrière dans les médias qu’en ce moment, provenant de toutes les sphères. Les politiciens ont leur idée, les artistes, tout le monde !

Il a du travail, Dominique Ducharme. Laissons-lui maintenant quelques matchs pour bien implanter sa façon de faire avec l’équipe.

– Propos recueillis par Kevin Dubé

Les échos de Bergie 

AU REVOIR M. TANGUAY

Le Québec a perdu un grand homme jeudi lorsque Maurice Tanguay s’est éteint à l’âge de 87 ans. J’ai bien connu M. Tanguay à mon époque avec les Nordiques et je me souviens d’avoir eu de très bonnes conversations avec lui. Il a tellement fait pour la ville de Québec, sur le plan sportif, avec le Rouge et Or de l’Université Laval et les Remparts, tout comme au Bas-Saint-Laurent avec l’Océanic de Rimouski. M. Tanguay était un homme de décisions et de parole et quelqu’un d’immensément généreux. Il n’y avait jamais de problèmes avec lui, il était toujours en mode solutions. Je tiens à offrir mes condoléances à toute la famille Tanguay pour cette perte.


UN TITRE QUI ME DÉRANGE

Je l’avoue, je n’aime pas le titre « par intérim » qu’on a donné à Dominique Ducharme. Ça me dérange. Je n’ai aucune idée des discussions qui ont eu lieu entre Marc Bergevin et lui, si quelconques promesses ont été faites ou pas, mais je n’aime pas le message que ça envoie. Personnellement, je n’aurais pas été capable d’accepter un poste par intérim. Quand j’ai été promu par les Nordiques, après quelques matchs comme adjoint, Maurice Filion m’était arrivé avec un contrat de trois ans. Pas de probation, pas d’intérim. Non, j’étais le maître à bord dès le départ. Là, Ducharme arrive par intérim à la fin d’un plan quinquennal. Il a l’obligation de gagner, mais n’a pas beaucoup de temps pour mettre son empreinte sur l’équipe. C’est un mandat qui pourrait s’avérer ingrat.


LÂCHEZ VOS TABLETTES !

J’ai horreur de voir les joueurs constamment consulter leur tablette chaque fois qu’ils retournent au banc. Je trouve qu’on suranalyse trop aujourd’hui. Elle est où, l’époque où les joueurs étaient guidés par le rythme d’un match, par la passion qui s’en dégageait ? Là, on arrive au banc et on veut tout de suite avoir le iPad pour voir qui nous a fait une mauvaise passe. Pendant ce temps, ils n’écoutent plus l’entraîneur et ne suivent plus le match. Le hockey, ça se joue sur la patinoire, pas sur des tablettes !