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Le Canada aurait pu produire un vaccin avant la mondialisation, dit Trudeau

Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau
Photo d'archives, AFP Le premier ministre du Canada, Justin Trudeau

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Le premier ministre Justin Trudeau a déclaré, en entrevue à la télévision américaine, que le Canada aurait eu les moyens de développer un vaccin contre la COVID-19 il y a quelques années, mais a reconnu que la mondialisation avait considérablement réduit les capacités des compagnies pharmaceutiques canadiennes.

«Nous l'avons eu au cours des décennies passées. Mais la délocalisation et la mondialisation signifiaient que nous n’avions plus la capacité», a évoqué Justin Trudeau dans une entrevue à la prestigieuse émission politique Meet the Press.

  • Écoutez l'analyse de Caroline St-Hilaire et d'Antoine Robitaille avec Benoit Dutrizac sur QUB Radio:

L’émission sera diffusée dimanche sur le réseau NBC, mais Global News a obtenu le verbatim de l’entretien.

Les commentaires du premier ministre surviennent alors que le Canada est confronté, depuis quelques semaines, à d’importants retards dans les livraisons de doses.

Les autorités canadiennes semblent cependant avoir renoué avec l’optimisme cette semaine, alors que le sérum d’AstraZeneca vient d’être approuvé et que Moderna et Pfizer ont promis d’accélérer la cadence d'acheminement.

Reste que la gestion de Justin Trudeau est contestée, surtout que les compagnies pharmaceutiques se plaignent de ne pas avoir été soutenues par son gouvernement.

Le Centre de recherche en infectiologie de l’Université Laval s’est entre autres vu refuser un financement de 2 M$, ce qui a forcé l’arrêt des recherches.

La pharmaceutique torontoise Providence Therapeutics a pour sa part accumulé un important retard dans la course au vaccin, ne bénéficiant d’une aide que de 8 M$, pendant que Moderna recevait 1 G$ du gouvernement américain.

«Depuis le tout début de cette pandémie, nous avons commencé à réinvestir dans la capacité pharmaceutique canadienne, ce qui sera [visible] au cours de l'année à venir, mais pas assez rapidement pour cette vague», s’est défendu le premier ministre Trudeau lors de l’enregistrement de l’émission Meet the press.

Les deux «Michael»

Sur les ondes de NBC dimanche, on pourra également l’entendre commenter le dossier de Michael Spavor et de Michael Kovrig, ces deux ressortissants canadiens qui sont détenus en Chine depuis 2018.

Le premier ministre a réitéré qu’il n’était pas question que le Canada libère Meng Wanzhou, la dirigeante du géant chinois Huawei, seulement parce que Pékin détient deux Canadiens.

«Nous ne ferons pas cela. Nous vivons selon nos traités et vivons selon la primauté du droit», a insisté Justin Trudeau.

Rappelons que la femme d’affaires a été arrêtée à Vancouver à la demande des États-Unis. Depuis, il s’agit d’un sujet sensible dans les relations entre les deux pays.

Keystone XL

C’est aussi le cas du pipeline Keystone XL, qui était censé relier l’Alberta au Texas, mais dont la construction a été annulée par le président Biden dès son entrée en fonction.

En entrevue à NBC, Justin Trudeau, qui s’est entretenu avec Joe Biden cette semaine, s’est dit déçu, mais a laissé entendre qu’il était prêt à passer à autre chose.

«Lorsque vous parlez d'énergie propre et d'hydroélectricité en provenance du Canada, lorsque nous parlons de ce que nous pouvons faire autour de réseaux plus intelligents, de ce que nous pouvons faire autour des véhicules électriques et des transports, il y a tellement de choses que nous allons continuer à faire ensemble», a-t-il poursuivi.

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