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Les tensions entre la Chine et le Canada saignent Olymel

Des produits québécois sont rejetés par l’Empire du milieu pour des raisons politiques

Quebec
Photo d'archives, Stevens LeBlanc Olymel n’en peut plus de faire les frais du conflit sino-canadien, qui nuit à ses exportations de viande. Ici, l’usine de Vallée-Jonction, théâtre d’une éclosion de COVID-19, l’automne dernier. Cet incident et d’autres du même ordre sont utilisés comme prétextes par Pékin.

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Deux ans après l’arrestation de la directrice financière de Huawei, Wanzhou Meng, les tensions politiques entre Pékin et Ottawa continuent de faire mal au géant Olymel, qui fait les frais de la crise.

« On a un manque à gagner de plusieurs millions par semaine. On l’exporte sur des marchés où les prix sont inférieurs, comme celui des Philippines ou du Vietnam », a expliqué en entrevue au Journal Réjean Nadeau, PDG d’Olymel.

En juin 2019, Le Journal avait révélé que la Chine, qui ne digérait pas l’arrestation de la numéro deux de Huawei, avait décidé de fermer la porte à la viande canadienne. 

Depuis, malgré la réouverture du marché en 2020, Olymel doit faire des pieds et des mains pour faire des affaires là-bas. Les relations entre les deux pays sont à vif depuis l’arrestation de Michael Kovrig et Michael Spavor.

Liste noire

Au Canada, de nombreuses usines se trouvent toujours sur une liste noire.

En Alberta, malgré la réouverture du marché chinois, le permis d’exportation de l’usine de Red Deer vers la Chine est suspendu depuis le 28 avril 2019.

« Il n’y a aucune raison scientifique qui peut justifier cette décision-là », avance Réjean Nadeau, PDG d’Olymel.

Depuis les Fêtes, les usines québécoises de Vallée-Jonction, Saint-Esprit et Princeville ne peuvent pas, elles non plus, envoyer leurs produits là-bas.

« La majorité des usines canadiennes, et non seulement d’Olymel, mais de l’ensemble de l’industrie, n’ont pas accès au marché chinois actuellement sous prétexte de cas de COVID dans ces usines-là, alors que l’on sait très bien que le Brésil et les États-Unis continuent d’exporter malgré des cas de COVID », souligne le numéro un du géant québécois.

Selon lui, certaines usines se voient carrément refuser l’accès au marché chinois sans raison apparente. 

« Il n’y a rien qui bloque au niveau des inspections chinoises. C’est au niveau politique que ça bloque », ajoute-t-il.

Un marché prisé

Au Journal, Réjean Nadeau refuse de lancer la pierre au gouvernement canadien, qui fait de son mieux pour dénouer l’impasse, estime-t-il

« Tout le monde sait dans l’industrie que c’est un conflit géopolitique, et non pas de règles sanitaires », martèle-t-il.

Pour le chef de la direction de Sollio, qui inclut Olymel, ce jeu ne peut plus durer.

« Prenez l’exemple de Yamachiche. On la ferme pendant deux semaines. On nettoie tout. On repart. Tout est parfait. Aussitôt qu’il y a cela, ils [les Chinois] tardent à redonner leur accord pour l’importation », explique Gaétan Desroches.

D’après lui, en dépit de ces problèmes, le marché chinois restera prisé parce qu’il y a des parties de l’animal qui se mangent davantage là-bas qu’ailleurs. 

« C’est pour cela que tout le monde est si intéressé d’exporter en Chine », conclut-il.


♦ Au début du mois, Olymel a investi 9 millions de dollars à son usine d’abattage de porcs d’Ange-Gardien, en Montérégie. Cet investissement permettra la création de 250 emplois. Cela dit, l’organisation peine à trouver la main-d’œuvre nécessaire.

 

Sollio résultats 2020      

  • Ventes : 8,2 G$  
  • Ristournes : 29,2 M$  
  • Excédent net : 141 M$  
  • Actif total : 4,7 G$   

Source : Sollio