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Price au banc des accusés!

Maple Leafs vs Canadiens
Photo Martin Chevalier Carey Price a connu sa part d’ennuis devant le filet du CH au cours des dernières semaines.

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Les indices ne mentent pas. Carey Price accorde plus de mauvais buts qu’il n’effectue des arrêts pouvant influencer le résultat final en faveur de son équipe.

Que doit-on faire alors ?

Le mettre en examen, c’est déjà fait. Les amateurs se prononcent, les analystes se prononcent, les observateurs se prononcent, et, dans son for intérieur, Marc Bergevin s’inquiète. Comment résoudre les problèmes qui ont transformé cette équipe si coriace en début de saison en une formation incapable de rivaliser avec la compétition de la division Nord ?

Deux noms refont constamment surface dans l’analyse des forces et des faiblesses.

N’a-t-il pas déclaré en quelques occasions que les succès du Canadien reposaient en grande partie sur le leadership de Shea Weber et de Carey Price ?

Leaders silencieux

Or, présentement, les leaders n’ont pas les ressources pour corriger une situation qui devient de plus en plus stressante. Ils n’ont plus les ressources pour convaincre les décideurs de l’organisation qu’ils avaient une évaluation plutôt audacieuse des effectifs, mais une évaluation justifiée.

Qu’on pouvait alors s’arrêter sur des objectifs élevés parce que, disait-on, tout est en place pour remettre l’organisation sur les rails après plusieurs années de résultats décevants. Dans une division plus compétitive que les trois autres divisions de la Ligue nationale, le défi était de taille, mais on croyait vraiment que les succès des séries éliminatoires et les nouvelles acquisitions donneraient encore plus de poids, au naturel et au figuré, aux attentes impliquant un parcours captivant au tournoi de fin de saison.

Mais, le gardien est en train de modifier la donne.

Au classement

En principe, Price devait être l’un des deux meilleurs gardiens de la division avec Connor Hellebuyck, des Jets de Winnipeg. Or, quand tu accordes cinq buts et plus dans cinq des 12 matchs que tu as disputés jusqu’à maintenant, devrait-on avoir le même statut ?

Le débat est lancé.

Doit-on se tourner vers Jake Allen ?

Dominique Ducharme a fait un pas en ce sens hier en confirmant qu’Allen sera devant la forteresse du Tricolore, ce soir.

Pour leur part, les anciens gardiens Patrick Lalime et Jean-Sébastien Giguère soulignaient, jeudi soir, à l’émission de Dave Morissette, qu’on doit donner une chance à Price de sortir du bourbier dans lequel il est empêtré depuis le début de la saison. Et pour y parvenir, c’est en lui donnant des matchs.  

J’étais tout à fait d’accord avec cette option. 

Par contre, il appartiendra à Price de retrouver ses repères quand il retournera dans le feu de l’action. Un Carey Price en pleine possession de ses moyens peut avoir l’effet d’un vivifiant tonique sur le reste de l’équipe.

Modifier la donne

Cependant, Price n’est pas le seul à modifier la donne. Il y a son complice de toujours, Weber. Les ennuis des jeunes joueurs de centre sont également des facteurs importants.

Weber peut-il encore jouer plusieurs minutes contre le meilleur trio adverse ? Il semble que non. Pas plus que Ben Chiarot, 24 min 14 s, jeudi soir, le plus utilisé contre Winnipeg, de quoi hocher la tête ? A-t-il besoin d’un nouveau partenaire, un jeune comme Alexander Romanov à qui on limite le temps de jeu alors que les jeunes défenseurs, ayant monté en grade au cours des dernières années, ont tous profité d’un processus d’apprentissage comportant de nombreuses présences sur la surface de jeu. 

Présentement, Dominique Ducharme fait face à une situation que personne n’avait prévue :

  • Un gardien qui multiplie les erreurs ;
  • Les jeunes centres qui n’offrent plus cette magie du début de saison et des séries éliminatoires de l’été dernier ;
  • Des unités spéciales qui s’enlisent dans la médiocrité.

Face aux Jets, Ducharme a pu apprécier pendant les 25 premières minutes de jeu l’intensité et l’implication de tout un chacun. Le Canadien était impressionnant, comme en début de saison.

Mais, chassez le naturel, il revient au galop, dit-on. Or, cette formation qui montre maintenant un bilan de 2-5-2 au cours des neuf derniers matchs a plongé rapidement dans ses mauvaises habitudes.

« On ne se replie pas en défensive, on commet des revirements. On manque de concentration », Jonathan Drouin a été direct. « Ce sont les joueurs qui doivent réagir, ça ne peut pas continuer ainsi. »

Sinon, on ressortira ce vieux refrain qu’on nous fait entendre depuis plusieurs saisons : « Notre objectif est une qualification aux séries éliminatoires. » Et trop souvent, on a justement raté le rendez-vous.

On sera bien loin des objectifs du début de la saison...

Y a-t-il des options ?

La question a été posée à Marc Bergevin au cours des derniers jours. Après avoir licencié Claude Julien, lui reste-t-il d’autres options pour relancer son équipe ?

On ne doute pas, et avec raison, que Dominique Ducharme fera de l’excellent boulot... mais faudra-t-il modifier la liste des effectifs ?

L’option de consulter le marché des transactions demeure toujours une solution. Tous les jours, Marc Bergevin consulte ses homologues.

« Mais la pandémie, le plafond salarial, le contexte actuel, ça complique beaucoup de choses. Pour le moment, je dois dire que c’est très calme de ce côté. »

On sait qu’une transaction avec une formation américaine engendre un processus particulier. Comme Pierre-Luc Dubois qui est passé de Columbus à Winnipeg, le joueur s’amenant au Canada est soumis à des conditions sanitaires très rigoureuses.

Toutefois, il faut croire que les directeurs généraux des équipes canadiennes se montreront plus actifs dans la recherche de nouveaux effectifs. Ils ne voudront pas attendre au 12 avril, date limite pour compléter leur liste de joueurs. 

L’acquisition d’un joueur d’une formation américaine à cette date signifie qu’il disputerait à peine deux ou trois matchs avec sa nouvelle équipe avant la fin du calendrier régulier.