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Intolérance ou allergie?

Milk and bread on canvas
Photo Adobe Stock

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On peut être allergique au lait, tout comme on peut être intolérant à l’une de ses composantes, le lactose notamment. Même chose pour le blé, on peut y être allergique ou encore réagir à ses constituants, le gluten par exemple. Cette semaine, on apprend à distinguer l’allergie de l’intolérance alimentaire.  

Allergie ou intolérance ?  

4 % de la population québécoise vit avec des allergies alimentaires. Dix allergènes prioritaires expliquent 90 % des réactions allergiques (lait de vache, soya, blé, poisson, fruits de mer, arachides, noix, graines de sésame, sulfites, moutarde). Quant aux intolérances, il est difficile d’avoir la prévalence précise, les plus connues étant celles au lactose et au fructose ainsi que l’hypersensibilité au gluten non cœliaque. 

Intolérance :

  • N’implique pas le système immunitaire
  • La réaction varie selon la dose
  • Le corps réagit à une composante dans l’aliment qu’on a du mal à métaboliser/digérer (souvent des glucides)
  • La réaction peut être rapide ou prendre plusieurs jours 

Les symptômes de l’intolérance

Les symptômes d’une intolérance alimentaire peuvent être d’ordre digestif : nausées, vomissements, diarrhées, changement dans la fréquence des selles, douleurs abdominales, gaz, ou d’ordre extradigestifs : fatigue, maux de tête, irritabilité, éruptions cutanées. Ces derniers symptômes, non spécifiques, rendent le diagnostic difficile.  

Allergie :

  • Implique le système immunitaire
  • Il suffit d’une petite quantité de l’aliment pour induire une réaction
  • Le corps réagit à une composante protéique
  • La réaction est rapide 

Les symptômes de l’allergie

Quant aux réactions allergiques, la libération de médiateurs chimiques, comme l’histamine, en est responsable. Plusieurs systèmes sont impliqués : cutané, gastro-intestinal, respiratoire, cardiovasculaire. Une allergie sévère peut conduire au choc anaphylactique, voire à la mort.  

Le cas du lait

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Le lait peut générer des réactions allergiques ou des intolérances.

  • Allergie : De 2 à 4 % des enfants en bas âge sont allergiques au lait de vache. Ils réagissent aux protéines du lait. L’allergie disparaît généralement au fil du temps.
  • Intolérance au lactose : 16 % des Canadiens s’autodéclarent intolérants au lactose, le sucre du lait. Le lactose est composé de glucose et de galactose. Par déficience en lactase, l’enzyme qui décompose le lactose, ces personnes souffrent de symptômes gastro-intestinaux incommodants qui se manifestent de 30 minutes à deux heures après l’ingestion : ballonnements, douleurs abdominales, gaz, diarrhée. Un test respiratoire à l’hydrogène après avoir consommé une certaine quantité de lactose permet de confirmer un diagnostic.
  • Intolérance à la bêta-caséine A1 : Beaucoup moins connue, cette intolérance soulève l’intérêt de plusieurs chercheurs. La caséine est une protéine contenue dans le lait. La bêta-caséine représente 30 % de la teneur en protéines du lait de vache. On distingue notamment la bêta-caséine A1 de l’A2 par la séquence d’acides aminés (les constituants de base des protéines). La race de vaches Holstein, répandue en Amérique du Nord, produit un mélange de lait A1 et A2. Naturellement, les vaches brunes (Guernesey, Jersey, Suisse brune) produisent plus de lait A2. Il est possible d’obtenir un troupeau homozygote qui, avec deux allèles identiques du gène A2A2, ne produira que du lait A2. 

La protéine A1, lors de sa digestion, libérerait une composante inflammatoire (bêta-casomorphine-7) qui pourrait causer des problèmes digestifs chez certaines personnes. Un ralentissement du transit intestinal générant de la constipation est rapporté. Certaines personnes pourraient penser qu’ils sont intolérants au lactose alors qu’en fait elles réagissent à la protéine A1 qu’on retrouve dans le lait régulier. De nouvelles recherches ont pu identifier un marqueur fécal, la calprotectine, qui indiquerait la présence d’inflammation au niveau de la muqueuse intestinale lors de la consommation de lait A1.

Si les recherches restent limitées, elles sont prometteuses. Le lait A2 (les troupeaux ne produisant aucun lait A1) est fort populaire en Australie et en Nouvelle-Zélande. On en trouve depuis peu au Québec et il peut être intéressant pour les personnes qui réagissent au lait régulier et qui ne sont pas soulagées par le lait sans lactose. Ce lait n’est pas dépourvu de lactose, donc ne convient pas aux personnes intolérantes au lactose, mais il apporte tout autant de protéines, de calcium et de vitamine D. 

Le cas du blé

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À l’instar du lait, le blé peut induire plusieurs réactions.

  • Allergie : Le blé fait aussi partie des allergènes prioritaires au Canada. On peut réagir à différentes fractions protéiques du blé (albumine, globuline, gluténine, etc.).
  • Maladie cœliaque : Bien qu’on parle généralement d’intolérance au gluten, comme le système immunitaire est impliqué, on devrait classer la maladie comme étant une allergie au gluten.
  • Hypersensibilité au gluten : Si l’organisme réagit au gluten, contenu dans le blé, mais aussi dans d’autres grains céréaliers (dont le seigle et l’orge), il n’y a pas d’atteintes intestinales et d’inflammation des muqueuses. 
  • Syndrome de l’intestin irritable : Les personnes qui ont ce syndrome réagissent souvent au blé, mais l’organisme réagit aux fructanes (un type de glucides dans le blé et dans d’autres aliments comme l’ail, l’oignon et le poireau), et non au gluten en soi. 

Les intolérances alimentaires sont nombreuses et affectent la qualité de vie de gens qui en souffrent. Plusieurs années sont souvent nécessaires pour déterminer la source des symptômes. Consulter son médecin, un gastroentérologue et un nutritionniste est assurément une bonne stratégie pour établir un diagnostic et adapter son alimentation pour réduire, voire éliminer ses symptômes.