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Le mouvement d’un seul homme

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Que faire d’un politicien nettement battu à sa dernière élection, exilé de sa ville d’origine à cause de ses idées et de ses magouilles financières et chassé de son média social favori pour avoir fait la promotion de fictions antidémocratiques ? Lui donner la possibilité d’en remettre ! C’est là où en sont les conservateurs aux États-Unis.

La vengeance est un plat qui se mange... chaud, puisque CPAC, la « Conférence pour l’action politique conservatrice », se tient en Floride cette année. C’est aussi le plat que compte servir Donald Trump aux participants, prêts à avaler ce qui continue de faire bouillir l’ancien président : les allégations toujours aussi infondées de fraudes électorales, d’élus républicains qui cacheraient leur allégeance progressiste et la massive victoire présidentielle qu’on lui aurait volée.

Le 45e président avait la chance de laisser glisser son passage à la Maison-Blanche dans l’oubli des livres d’histoire, un passage dû — souvenons-nous-en ! – à une conjonction exceptionnelle de facteurs : une candidate démocrate impopulaire, une institution — le Collège électoral — qui donne un poids démesuré aux petits États ruraux et juste assez d’électeurs de gauche qui choisissent de ne pas aller voter permettant au promoteur immobilier de se faufiler vers un succès que lui-même n’avait pas préparé.

Rageur, vengeur et vaguement cachottier

Au lieu de jouir de ce coup de chance inouï, Donald Trump veut non seulement rester au cœur des conversations, mais entreprend de détruire ceux et celles qui ne partagent pas sa vision déformée de la vie politique américaine. Le discours qu’il prononcera cet après-midi, son premier depuis sa sortie orageuse de la Maison-Blanche, façonnera l’opposition à Joe Biden, en général, et le Parti républicain, en particulier.

N’escomptez pas un énoncé de politiques réfléchies de la part d’un homme qui a réussi à convaincre l’establishment républicain à la dernière élection de ne pas mettre de programme de l’avant ! Sa vision est simple : anti-géants du web (qui l’ont fait taire), anti-immigrants (ce qui a contribué à le faire élire une première fois) et anti-Chinois (qui, selon sa mythologie, ont collaboré à sa défaite présidentielle en contaminant les États-Unis avec la COVID-19).

Soyez, par ailleurs, assurés qu’il laissera planer son intention de se lancer dans la course à la présidence en 2024, que ce soit sérieux ou non. Un sondage parmi les participants à la conférence qui sera rendu public tout juste avant son discours viendra — c’est absolument certain — confirmer l’appui fanatique à son retour.

Futur antérieur

On peut penser tout le mal qu’on veut des militants ultraconservateurs de CPAC. L’opposition à la réduction des émissions de CO2, au contrôle des armes à feu ou à l’intégration des membres de la communauté LGBTQ correspond — soyons généreux — à une certaine vision du monde.

Les conservateurs américains — que l’on soit d’accord ou non avec leurs idées — regardaient jusqu’à récemment vers l’avant, cherchant à élargir leurs rangs et à convaincre les sceptiques. Plus maintenant. Leurs regards sont tournés vers l’arrière, vers les divagations de Donald Trump, sans se soucier de récolter un seul vote de plus. Tout un avenir ! 

Trump, envers et contre tout   

1000 électeurs républicains interrogés... 

  • 46 % abandonneraient le Parti républicain si Donald Trump formait un nouveau parti. 
  • 54 % se disent loyaux à Trump ; 34 % loyaux au Parti républicain. 
  • 4 % avouent que les preuves à son deuxième procès en destitution les ont éloignés de Trump. 42 % affirment que le procès a raffermi leur soutien à l’ex-président ; 54 % n’ont pas changé d’avis. 
  • 59 % veulent que Trump se représente en 2024 ; 29 % s’y opposent.  

Sondage Suffolk University/USA Today 15-20 février 2021

 

Le Parti républicain, aujourd'hui et demain 

Sinon Donald Trump, qui d’autre ? 

Ron DeSantis, 42 ans

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Gouverneur de la Floride 

  • Malgré les 30 600 morts de la Covid dans son État, il a rapidement levé les restrictions liées à la pandémie et se présente en défenseur de la liberté individuelle.  

Josh Hawley, 41 ans

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Sénateur du Missouri 

  • Dans les heures qui ont suivi l’assaut du Capitole par des émeutiers pro-Trump, il s’est malgré tout opposé à la confirmation de la victoire de Joe Biden par le Collège électoral.  

Ted Cruz, 50 ans

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Sénateur du Texas 

  • Ultime opposant à Donald Trump en 2016, il est devenu un de ses partisans les plus dévoués au Congrès.  

Mike Pompeo, 57 ans

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Ex-secrétaire d’État 

  • Il est le mieux placé parmi les anciens membres de l’administration Trump pour reprendre le flambeau du milliardaire.  

Donald Trump Junior, 43 ans

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Photo courtoisie

Plus que sa sœur Ivanka que son père favorisait au départ, c’est lui que les militants préfèrent pour perpétuer la dynastie Trump.