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Le pape songerait à remplacer le cardinal Marc Ouellet

Le Québécois pourrait bientôt annoncer sa retraite

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Photo AFP Le cardinal Marc Ouellet photographié en 2013 à la place Saint-Pierre, au Vatican.

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Le pape François songerait à faire une nomination surprise pour remplacer Marc Ouellet à la tête de la Congrégation des évêques, selon un média catholique.

Tel que le veut la coutume, alors qu’il venait d’avoir 75 ans à l’été 2019, Son Éminence Marc Ouellet a présenté sa démission à titre de préfet de la Congrégation au pape François qui l’a refusée. 

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«C’est un cas de figure normal, souvent, ils sont prolongés d’une couple d’années», soutient Gilles Routhier, professeur de la Faculté de théologie et de sciences religieuses de l’Université Laval.

La fonction de préfet de la Congrégation est un titre prestigieux. M. Routhier estime qu’un seul autre Québécois, par extension Canadien, a eu autant d’influence auprès du pape.

«Je pense que le cardinal Maurice Roy a pu jouer un rôle plus important encore dans les années 1965-1980. Il était responsable de la Commission justice et paix, du Conseil pour les laïcs et du Conseil pontifical pour la famille. Il avait certainement une très grande confiance de la part de Paul VI», dit-il.

Candidat à la papauté

Non seulement le cardinal Ouellet est-il parvenu à un poste important au Vatican, mais son nom a été évoqué comme un candidat sérieux à la succession de Benoît XVI en 2013.

«Il n’est pas le premier Canadien à avoir reçu des votes. Le cardinal Roy en avait reçu également. Les conclaves [l’assemblée à huis clos durant laquelle les cardinaux élisent le pape] sont beaucoup plus médiatisés maintenant. Quand un nom circule, c’est dans les médias, pas chez les cardinaux-électeurs. Mais pour les cardinaux d’une certaine tendance, il était un très bon candidat, dans la continuité de Benoît XVI», précise M. Routhier.

Le cardinal Marc Ouellet a été nommé préfet de la Congrégation des évêques ainsi que président de la Commission pontificale pour l’Amérique latine le 30 juin 2010 par le pape Benoît XVI.

La Congrégation a notamment pour rôle de recommander au pape des candidats pour un poste d’évêque – ils sont plus de 5000 dans le monde – à partir des suggestions du nonce apostolique. Ce dernier est le représentant du pape dans un pays.

On confère souvent une grande importance à cette congrégation, puisqu’en quelque sorte, elle propose la nouvelle génération de dirigeants de l’Église et ceux qui pourraient, éventuellement, choisir le prochain pape.

Impact

Pour M. Routhier, il est difficile de déterminer jusqu’à quel point le cardinal Ouellet a été influent.

«Il faudrait, pour le savoir, examiner l’ensemble des nominations et voir s’il y a une tendance. Il faut voir ensuite le rôle effectif qu’il a joué dans les nominations. Est-ce que le pape a suivi ses recommandations? On ne le sait pas en détail. Mais certainement que François a décrit le type d’évêques qu’il voulait. Cela a été entendu par le cardinal Ouellet, mais aussi par les nonces apostoliques qui montent les dossiers au niveau national et les envoient à la Congrégation.»

Sur de nombreux enjeux sociaux, la pensée du cardinal Ouellet est généralement décrite comme étant plus proche de celle de celui qui l’a nommé, Benoît XVI, que du pape actuel, François, qui l’a tout de même confirmé dans ses fonctions.

«François n’a pas fait de balayage à son entrée en poste. Il le dit, il aime bien la confrontation d’idées. Le cardinal Ouellet, contrairement à d’autres cardinaux, s’est aussi montré bon joueur. Même s’il ne partage pas nécessairement les vues, il a essayé d’être bon soldat, et n’a pas mené de fronde contre le pape», analyse le professeur de l’Université Laval.

M. Routhier ne s’avance pas à savoir si un autre Québécois ou Canadien pourrait bientôt marcher sur les traces du cardinal Ouellet.

«Les prophéties sont difficiles. Ça dépend du pape qui sera là, de l’équilibre qu’on essaie de faire entre les différents pays, pas seulement de la qualité de la personne. S’il y a déjà des Nord-Américains en grand nombre, le prochain devra attendre.»

Le cardinal de Chicago

Et justement, celui que le site internet Catholic News Agency voit succéder à Marc Ouellet est le cardinal de Chicago Blase Cupich. Il a rencontré le pape François le 30 janvier à Rome. Ses vues seraient proches de celles du pape.

Les deux hommes ont d’ailleurs critiqué le président des évêques des États-Unis, José Gomez, pour ses déclarations à l’endroit de Joe Biden lors de son investiture en janvier. Biden est pourtant le seul catholique, avec John F. Kennedy, à avoir accédé à la présidence des États-Unis.

«Cupich est certainement un bon candidat. Il a été nommé par le pape François à Chicago, un siège très important. L’épiscopat états-unien est dans une situation difficile et est divisé depuis 10 ou 15 ans. Il a tourné à droite et est devenu contre-culturel», conclut M. Routhier.

Le parcours du cardinal Ouellet   

  • Âgé de 76 ans    
  • Parle 7 langues (anglais, latin, espagnol, allemand, italien et portugais en plus du français)    
  • A œuvré durant de nombreuses années en Colombie        

1944 | Naissance le 8 juin à Lamotte, en Abitibi

1968 | Ordonné prêtre

1974 | Obtient une licence en philosophie à Rome

1982 | Obtient un doctorat en théologie en Allemagne

2001 | Nommé évêque

2002 | Nommé archevêque de Québec et primat du Canada

2003 | Nommé cardinal

2010 | Nommé préfet de la Congrégation des évêques, il s’installe à Rome

2019 | Sa démission de préfet de la Congrégation est refusée