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Mon père est mon mentor encore aujourd’hui

agence MVP
Photo d'archives, Ben Pelosse Patrice Bernier

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Pendant de nombreuses années, j’ai suivi la carrière de hockeyeur et de joueur de soccer d’un homme exceptionnel, Patrice Bernier. Mercredi dernier, juste avant notre conversation, on a appris le départ de Thierry Henry comme entraîneur du CF Montréal. 

Je lui ai demandé s’il était intéressé à revenir au sein de l’équipe d’entraîneurs. Avec son calme habituel, il m’a tout simplement dit : « Je suis heureux dans mon rôle d’analyste de soccer à TVA Sports ».  


En quelle année tes parents sont-ils arrivés au Québec ?

Mon père est arrivé la journée de la tempête du siècle en 1971, en provenance d’Haïti. Quelque temps plus tard, ma mère a suivi, arrivant de New York.  


À quel âge as-tu commencé à nourrir une passion pour le soccer ?

Je jouais au soccer vers 3 ans avec ma mère dans le sous-sol, avant de me joindre à une équipe à 4 ans. On m’a ensuite inscrit au hockey à 6 ans.


Est-ce que tu jouais à différents sports dans la même journée ? 

Souvent, un tournoi de hockey le matin suivi d’un match de soccer ou vice et versa. Je crois que cela m’a aidé dans le développement de ma carrière. 


Quel est l’athlète professionnel qui t’a le plus impressionné ? 

Michael Jordan est celui qui m’a le plus influencé par son excellence et son désir d’être le meilleur. Je me suis inspiré aussi de Bo Jackson, qui évoluait dans deux sports majeurs professionnels.


Quelle est ta plus grande réussite en carrière ?

Il y en a plusieurs, mais je dirais d’avoir eu une carrière de 18 saisons au soccer en naissant dans un pays de hockey.


Quel est le moment qui t’a donné beaucoup de chagrin ?

Lorsque je jouais au hockey dans la catégorie pee-wee à Brossard. Une fois arrivé à la maison, je ne voulais pas que mes parents s’aperçoivent que j’avais beaucoup de chagrin.


Tu as pleuré ?

Je pleurais à chaudes larmes dans mon lit, car je ne comprenais pas que des adultes pouvaient dire des propos aussi sanglants parce que j’étais un Noir. 


John Greene a-t-il joué un rôle important dans ta vie ?

Oui, durant toute ma période du hockey mineur, John Greene, qui est toujours associé à la LHJMQ, m’a tellement aidé à surmonter les propos racistes que j’ai dû subir. 


Quelle valeur de la vie t’a-t-il inculquée ? 

Sois fier de qui tu es. La seule façon de répliquer aux propos racistes des gens est de donner le meilleur de soi-même et de répondre par la performance.


Dans quelles écoles as-tu fait tes études ? 

Jusqu’en 4e secondaire, j’ai fréquenté le Collège Français avant de faire ma 5e secondaire à l’école de la Ruche, à Magog. J’ai poursuivi mes études au Cégep de l’Abitibi/Sherbrooke et à l’Université de Syracuse.


Tu as connu assez de succès au hockey.

J’ai joué pour les Cantonniers de Magog Midget AAA et dans la LHJMQ avec Val-d’Or et Sherbrooke. Il y a une anecdote concernant mon passage au junior majeur.


Je t’écoute.

La journée de mon repêchage junior, je passais mon examen SAT pour aller à l’Université de Syracuse. J’ai terminé passé midi. Le repêchage était à Victoriaville à 13 h. J’ai failli le louper.


Est-ce qu’il y a un endroit où tu ne voulais pas jouer ?

Au repêchage, ma sœur m’avait demandé l’endroit où je ne voulais pas jouer (Val-d’Or). Cinq minutes plus tard, un temps d’arrêt est demandé par les Foreurs, mon nom est mentionné au microphone de l’aréna. (Rire)


As-tu aimé jouer à Val-d’Or ?

J’ai vraiment apprécié mon temps en Abitibi. Lorsqu’ils m’ont échangé à Sherbrooke, mon départ de Val-d’Or a été le tournant dans mon cheminement soccer.


Parle-moi de ton entraîneur Richard Martel.

La réputation de Richard était qu’il aimait le jeu robuste. Un homme fier au franc-parler, il m’a fait comprendre que mon jeu n’était pas axé sur cela. Il m’a demandé de rester fidèle à mon style. J’ai eu une bonne relation avec lui.


Quand as-tu décidé d’entrer à l’Université de Syracuse ?

Une fois échangé à Sherbrooke, j’ai mis une croix sur le hockey. J’ai communiqué avec l’entraîneur de Syracuse. Ma bourse d’études m’attendait toujours après 2 ans dans la LHJMQ.


Comment ton séjour à l’Université de Syracuse s’est-il déroulé ?

Le campus, le Carrier Dome, les tailgates, tout était vraiment impressionnant. Moi, le petit gars de Brossard, évoluant sous les mêmes couleurs que Donovan McNabb, qui est devenu un quart-arrière étoile avec les Eagles de Philadelphie. 


À quel âge as-tu rencontré ta future épouse ?

À 17 ans, j’ai rencontré Mélisa Barile qui jouait au soccer avec ma sœur. Après une sortie à La Ronde, je savais qu’elle allait avoir une place importante dans ma vie.


Ton épouse t’a aidé à devenir une meilleure personne ?

Mon épouse m’a permis d’être un meilleur homme, un bon père et probablement un meilleur joueur de soccer. (Rire)


Ton moment de détente préféré ? 

Il n’y a rien de plus magnifique que les moments que je partage avec mes enfants Sofia Jade, Mia Victoria et Thiago Massimo.


Comment s’est déroulé ton retour avec l’Impact en 2012 ?

Je revenais d’une carrière de 9 ans en Europe. J’étais heureux de revenir à mon club de départ. Certains des moments les plus magiques du soccer se sont réalisés ici, chez nous. Mon premier match au Stade olympique s’est disputé devant plus de 50 000 personnes. Je reste ébloui.


Ta plus grande fierté reliée au sport ?

En me promenant à différents endroits au Québec, maintenant les gens s’approchent de moi pour me dire : « Tu nous as bien représentés ». Toute une différence de mes années où je jouais pee-wee au hockey.  


Tu as un dernier message à transmettre ?

Simplement croire à ses rêves et persévérer. J’aimerais aussi remercier la famille Bergeron qui m’a hébergé à Magog ainsi que Nathalie et Daniel Cadieux, Ben Tremblay et Nicole Chouinard à Val d’or.