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Vols de catalyseurs: des pots d’échappement mis à l’abri à l’intérieur d’un garage

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Photo Francis Pilon Après avoir encaissé une lourde perte à la suite d’un important vol, le propriétaire de Hyundai Valleyfield, Vincent Demers, a préféré retirer les catalyseurs de ses véhicules à vendre et les a rangés à l’abri dans son atelier.

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Le propriétaire d’un concessionnaire de Salaberry-de-Valleyfield, en Montérégie, voit rouge depuis que des « vauriens » lui ont dérobé au moins 35 catalyseurs sur ses véhicules le mois dernier.

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« Il y en a pour au moins 40 000 $ de perte. Nous, on fait un travail le plus honnête possible. Eux, ils viennent ici du jour au lendemain et partent avec nos catalyseurs comme si de rien n’était », soupire Vincent Demers, de Hyundai Valleyfield.

Quelques minutes suffisent pour voler cette pièce. Mais pour ce concessionnaire qui s’en est fait subtiliser 35 durant la première semaine du couvre-feu, il y aura des impacts financiers sur son entreprise durant plusieurs années.

« Je n’ai pas réclamé ce vol à mes assurances parce que, sinon, ils ne m’autoriseront même plus à stationner des autos ici. Si je déclare ce vol-là, mes assurances pourraient même arrêter de me couvrir pour le vol de véhicules en plus d’augmenter ma prime. Moi, je ne peux pas me permettre ça », résume M. Demers. 

Après avoir été la proie de brigand, les pots catalytiques ont été retirés des véhicules à vendre chez Hyundai Valleyfield. 

Complexe

Il s’agit d’une mesure de prévention pour décourager les criminels, assure le propriétaire. 

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Photo Francis Pilon

« Tout ça rend la chose très complexe pour nous. Les gens doivent prendre rendez-vous à l’avance pour essayer un véhicule. Mais on n’a pas le choix. On ne peut pas se faire voler 40 000 $ de catalyseurs chaque semaine », explique M. Demers. 

De passage dans son entreprise, Le Journal a en effet constaté que les pots catalytiques sont désormais à l’abri. 

Ils sont tous suspendus à trois mètres du sol dans un garage. L’homme d’affaires indique qu’il doit prendre 15 minutes de son temps pour installer ou désinstaller la pièce sur un véhicule. 

Le président-directeur général de la Corporation des concessionnaires d’automobiles du Québec (CCAQ), Robert Poëti, souligne que les voleurs de catalyseurs seront bientôt arrêtés. 

Groupe organisé

« Actuellement, je peux vous dire que c’est un seul groupe qui fait ce genre de vol en périphérie des grands centres urbains et ils vont bientôt être arrêtés », soutient l’ancien policier et ministre libéral.  

Selon la CCAQ, ses membres lui signalent peu de catalyseurs volés. M. Poëti dit que ce nombre n’est pas plus élevé que celui des voitures ou des roues dérobées chez les concessionnaires de la province. 

« Nos membres doivent s’adapter toujours et de plus en plus pour contrer le vol, la fraude et le vandalisme. Les fraudeurs ne s’arrêtent jamais. C’est à nous de protéger le maximum de nos véhicules et de nos pièces », conclut le PDG de la Corporation.

Jusqu’à 4500 $ pour remplacer la pièce disparue   

Plusieurs citoyens déplorent les ennuis causés pour le vol de leur catalyseur, ainsi que les frais de 1000 à 4500 $ pour remplacer cette pièce. 

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Photo courtoisie, Marine Corbier

« Je ne dors plus la nuit. Je me réveille et je regarde dehors juste pour voir s’ils sont revenus me le voler. J’ai peur de revivre ça. Ils n’en ont vraiment rien à foutre des autres ces gens-là », s’exprime Marine Corbier, toujours sous le choc. 

Au début du mois et en plein couvre-feu, elle s’est fait dérober le pot catalytique sous sa Kia à Montréal. 

« Quand j’ai démarré la voiture le matin après l’avoir stationnée dans la rue dans Hochelaga, elle a fait un gros BOUM, se rappelle Mme Corbier. C’est là que j’ai su que quelque chose clochait. On a ensuite su que le pot catalytique avait été volé. » 

Marine Corbier a retrouvé sa voiture ainsi, avec le catalyseur coupé et envolé, au début du mois de février à Montréal. Le pot catalytique a finalement été remplacé sur sa voiture, au coût de près de 4500$.
Photo courtoisie
Marine Corbier a retrouvé sa voiture ainsi, avec le catalyseur coupé et envolé, au début du mois de février à Montréal. Le pot catalytique a finalement été remplacé sur sa voiture, au coût de près de 4500$.

Pour réparer et installer la pièce manquante, son garagiste lui a réclamé près de 4500 $, car les malfaiteurs pressés ont fait des dommages sous le véhicule.

Heureusement pour elle, ses assurances lui ont remboursé la totalité de cette facture salée. 

Deux fois

Un résident du quartier Rosemont à Montréal, Mike Michaud, raconte s’être fait dérober à deux reprises son catalyseur depuis le début de l’année. 

« Chaque fois, ça coûte près de 3500 $ faire tout réparer et ce sont mes assurances qui paient. Les deux vols ont eu lieu durant la nuit, à la même adresse et sur le même véhicule Hyundai, malgré le couvre-feu », explique M. Michaud. 

C’est surtout le temps perdu pour faire réparer son auto qui choque le Montréalais. 

« Ça fait trois semaines que je me promène en véhicule de courtoisie et je vais le faire jusqu’à ce que mes assurances arrêtent de payer pour ça. Mon garagiste n’a plus la pièce à remplacer sur ma voiture parce qu’il y a trop de vols de catalyseurs », mentionne M. Michaud. 

Difficile à dénoncer

Après avoir quitté vers minuit l’immeuble où il travaille dans le quartier Pointe-aux-Trembles, à Montréal, González Reyes Andrés a lui aussi eu une mauvaise surprise.  

« J’ai essayé de démarrer ma voiture. Ç’a fait un très gros bruit. Mes collègues ont regardé sous le véhicule et on a vu que mon catalyseur avait disparu. C’était très frustrant », se souvient-il. 

« J’ai essayé de remplir un rapport en ligne pour dénoncer à la police. C’était trop compliqué et j’ai renoncé », ajoute M. Reyes Andrés. 

Il espère que les autorités faciliteront le processus de plainte pour ce type de délit à l’avenir.