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Ça sent de plus en plus l’improvisation

La piscine de l’Hôtel Québec était fermée samedi en raison de la volte-face du gouvernement.
Photo Didier Debusschère La piscine de l’Hôtel Québec était fermée samedi en raison de la volte-face du gouvernement.

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Les hôteliers qui ont la chance d’avoir une piscine intérieure étaient très heureux il y a deux semaines d’apprendre qu’ils pourraient enfin la rouvrir pour la relâche scolaire. 

Tout était prêt, du personnel avait été rappelé pour en faire l’entretien et s’assurer de la sécurité et du respect des mesures sanitaires. 

Les clients étaient au rendez-vous, et les enfants tout excités d’apprendre qu’ils pourraient enfin se baigner. Mais vendredi, tout ce beau monde a déchanté.

Pourquoi les piscines municipales ont-elles pu rouvrir et non celles des hôtels ? Pourtant, dans un hôtel, les clients n’ont pas à se rendre dans un vestiaire pour se changer, ils peuvent le faire dans leur propre chambre. 

Pourquoi a-t-on attendu à la veille du long congé pour remettre en question cette réouverture ? On a annoncé cette décision à la dernière minute sans donner d’explications, un changement de cap qui ne s’applique toutefois pas aux zones orange.

Les hôteliers font partie des secteurs les plus affectés depuis le début de la COVID-19, ce n’était surtout pas le temps de jouer au yo-yo avec leurs émotions

Même chose pour les familles et les enfants, c’était une déception de plus qui s’ajoutait aux nombreuses privations et mauvaises nouvelles des douze derniers mois.

  • Écoutez la chronique de Claude Villeneuve au micro de Richard Martineau sur QUB radio:

RIEN À COMPRENDRE

S’il y avait eu une recrudescence soudaine de nouveaux cas de COVID-19 et que la Santé publique avait annoncé que pour la sécurité de tous, elle devait revenir sur sa décision de permettre la réouverture de toutes les piscines, tous les arénas et cinémas, tous auraient compris, mais ce n’est pas le cas.  

Quand les décisions sentent l’improvisation, quand la cohérence n’y est plus, ça crée des frustrations. La dernière décision ambiguë touchant les piscines d’hôtels s’ajoute à bien d’autres. 

Pourquoi permettre la réouverture des piscines publiques intérieures et non celle des spas extérieurs ? 

Pourquoi permettre jusqu’à 250 personnes par salle de cinéma mais maintenir la limite à 10 croyants dans une grande église ? 

Pourquoi rouvrir les arénas mais pas les salles de quilles, même avec le port du masque, le désinfectant à main et le respect des bulles familiales ? 

Bien des Québécois retiennent leur souffle en ce moment avec la hausse appréhendée des cas de variants en plein congé scolaire, alors qu’il y a encore peu de gens vaccinés. 

Ce n’est surtout pas le moment de créer un climat propice au relâchement des règles, comme ce que nous avons vécu pendant les Fêtes.  

UN DEVOIR DE COHÉRENCE

Nous avons tous hâte de nous en sortir ! Avec la livraison promise de millions de vaccins, nous avons tous espoir de pouvoir passer un bel été. 

Je comprends que ce n’est pas facile de gérer une pandémie inédite, mais le gouvernement a le devoir d’être cohérent, logique et de bien communiquer ses décisions.

On fait des efforts quand on comprend pourquoi, quand l’enjeu est clair. 

S’il faut continuer à sacrifier certains pans de l’économie alors qu’on permet des assouplissements ailleurs, il faut expliquer les raisons et éviter les contradictions, sinon, on risque de voir beaucoup de gens décrocher, même si ce n’est surtout pas le temps de relâcher nos bons comportements.