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La maladie du trumpisme

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Photo AFP Des partisans de Donald Trump attendaient l’arrivée de l’ex-président dimanche devant l’hôtel Hyatt Regency d’Orlando, en Floride.

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Il y a quelque chose de tragi-comique à voir les républicains s’agglutiner autour de Donald Trump, tandis que de l’autre côté du globe, en Birmanie, des foules de manifestants descendent dans les rues pour réclamer la démocratie.

D’un côté, des Américains rêvent d’une dynastie qui ressemble à la monarchie dont leurs ancêtres se sont débarrassés, de l’autre, des Birmans tentent désespérément de se libérer de la junte au pouvoir depuis des décennies et d’instaurer une démocratie.

Les militaires birmans ont repris les arguments de Donald Trump pour justifier leur coup d’État. Selon eux, une dizaine de faux électeurs auraient voté aux élections birmanes. D’où la légitimité de leur annulation.

En réalité, les militaires tentent un coup d’État parce que les nouveaux élus allaient voter une loi anticorruption. La corruption profonde qui règne dans l’armée birmane et qui implique très probablement ses plus hauts dirigeants risquait d’être étalée au grand jour.

Presque toute la population birmane est contre les militaires. Même les moines, qui d’habitude restent neutres, ont pris parti contre les militaires et pour la démocratie.

Les Birmans ne seraient probablement pas descendus dans les rues en si grand nombre si Trump était demeuré au pouvoir, et encore moins s’il avait lui-même réussi son coup d’État en prétextant une fraude électorale imaginaire.

Réussites de Biden

Si Trump était resté au pouvoir, les relations entre le Canada et les États-Unis demeureraient mauvaises, la lutte aux changements climatiques traînerait, la Maison-Blanche n’aurait pas publié son rapport sur le prince assassin d’Arabie saoudite et les organisations internationales continueraient à être colonisées par la Chine.

En à peine un mois au pouvoir, Biden a réussi à faire des progrès importants en relations internationales.

Au niveau intérieur, la campagne énergique de vaccination contre la COVID-19 tranche avec les atermoiements de Trump et de son équipe, qui n’avaient travaillé sur aucun plan de match concret.

Pourtant, les républicains continuent à soutenir très majoritairement Trump. L’appât du gain et la couardise des dirigeants républicains ne sont pas suffisants pour expliquer la popularité de Trump.

Retour des croyances

Le trumpisme se définit presque comme une maladie. Une maladie qui frappe en particulier les esprits simples qui ont tendance à croire tout et n’importe quoi. C’est la raison pour laquelle les évangélistes, qui forment les 28 % des électeurs, appuient massivement Trump.

Cependant, on aurait tort de penser que les trumpistes sont les seuls à tomber dans les croyances ridicules. Le mouvement woke, quoique plus subtil dans ses croyances que les âneries propagées par QAnon, est lui-même fondé sur le rejet des avancées des sciences sociales. Ce mouvement gagne de l’importance dans les rangs démocrates.

Ainsi, en Birmanie, les gens aspirent à la démocratie et à la modernité, tandis qu’aux États-Unis, une bonne partie de la population appelle de ses vœux la dictature et le retour au Moyen Âge.